382 LETTRES DE NAPOLÉON,
Glubokoé , le 22 juillet 1812.
Mon cousin , répondez au général Reynier que jel'autorise à ne point envoyer ce régiment à Praga, et queje le trouve bien placé dans le lieu où il l’a placé. Faites-lui connaître que le duc de Bellune avec le neuvièmecorps, fort de trente mille hommes, presque tous Fran-çais , sera le premier août à Marienburg , et que si lescirconstances étaient urgentes et que le duché de Varso-vie fût réellement menacé , pendant que lui généralReynier défendrait le camp retranché de Praga et Mod-lin , il écrirait au duc de Bellune pour lui faire con-naître l’urgence des circonstances, ce qui le mettrait àmême de venir à son secours. Vous ajouterez que lescirconstances de la guerre sont telles que déjà nous menaçons Moskou et Saint Pétersbourg , et qu’ainsi iln’est pas probable que l’ennemi songe à des opérationsoffensives avec des troupes passables ; mais qu’on a sup-posé que dix à douze mille hommes dé troupes des troi-sièmes bataillons , qui ne sont bonnes à rien en ligne ,pourraient être envoyées avec un ou deux régimens decavalerie pour inquiéter le duché. Jamais l’ennemi nesera assez insensé pour détacher quinze à vingt millehommes de bonnes troupes sur Varsovie dans le temsque Pétersbourg et Moskou sont menacés de si près ;que d’ailleurs il est possible que dans peu de tems jeporte la guerre en Wolhinie, et qu’alors il ferait partiede ce corps.
Sur ce, etc.