4o8 LETTRES DE NAPOLÉON,
le major Letort avec deux cent cinquante dragons surla route de Mojaïsk , où nous avons couché. Le majorLetort a ordre d’arrêter toute la cavalerie de marche , cequi lui fera bientôt quinze cents à deux mille hommes,avec lesquels il protégera la route. Toute l’armée estprête à se mettre en mouvement, et l’empereur est dé-cidé à rejeter l’ennemi derrière l’Oka . Les renseigne-mens ultérieurs qu’on recevra dans la nuit, du roi et devous, décideront le parti que sa majesté prendra ; si l’ar-mée marchera sur la roule de Tula ou sur celle de Ko-lomna. Si l’on suit celle de Tula, la cavalerie que vousavez, celle de la garde, les Polonais de Poniatowski,la division d’infanterie Frédéric se trouveront, par votreposition, former l’avant-garde. Envoyez-nous surtout desrenseignemens le plus tôt que vous pourrez.
Le prince de Neufchâtel et de Wagnim au duc d’Istrie.
Moskou , le a 3 septembre 181a, àquatre heures du matin.
J’ai mis sous les yeux de l’empereur votre lettre d’hierà onze heures du soir. En conséquence, sa majesté at-tend de nouveaux renseignemens avant de mettre l’arméeen mouvement. Le prince Poniatowski a dû arriver hierde bonne heure à Podolsk , et si vous n’en avez pas denouvelles, c’est à cause des Kosaques qui rôdent. Lesmouvemens que vous avez ordonnés à votre cavaleriedoivent infailliblement donner des nouvelles des Polo-nais du prince Poniatowski. Sa majesté attend aussi lesrapports que le roi lui aura faits hier au soir, mais quine peuvent arriver que vers cinq ou six heures du matin