LETTRES DE NAPOLÉON,
Le prince de Neufchdtel et de Wtigram à sa majesté le roide Naples .
Moskou , le i/ t octobre 1812 , àdix heures du soir.
L’empereur reçoit votre lettre d’aujourd’hui à midi ;le mouvement surBorowsk paraît à l’empereur un mou-vement difficile, si l’ennemi en est prévenu, puisque vouslui prêteriez le flanc pendant toute une journée. Le princePoniatowski a aujourd’hui évacué sur Moskou une cen-taine de malades ; on les évacuera sur Mojaïsk .
L’empereur faisant évacuer ses blessés sur Smolensk en même teins que sa majesté fait armer le Kremlin ,afin de n’avoir aucun embarras dans Moskou , faites éva-cuer sur Mojaïsk les malades et blessés et les embarrasque vous pouvez avoir en en formant un convoi. Faitesbien reconnaître le débouché qui pourrait vous conduiresur Mojaïsk afin que, si vous deviez faire une retraitedevant l’ennemi, vous connussiez bien celle route. L’em-pereur suppose que vos bagages, votre parc et la plusgrande partie de votre infanterie pourraient disparaîtresans que l’ennemi s’en aperçût.
Est-il vrai qu’en repassant le défilé de Woronowo,votre cavalerie pourrait être couverte par votre infanterieet dans une position moins fatigante que celle où elle setrouve dans un pays de plaine, ce qui l’oblige à être tou-jours sur le qui vive? Dans tous les cas , il est bien im -portant de procurer à vos troupes pour plusieurs joursde vivres; il y a à Moskou mille quintaux de farine etbeaucoup d’eau-de-vie à votre disposition ; ordonnezque toutes les voitures dont vous pouvez disposer vien-