468 LETTRES DE NAPOLÉON,
jusqu’à ce que le détachement que doit fournir le vice-roi ou le duc d’Albrantcs , soit arrivé; que d’ailleurs, ceconvoi ne doit pas perdre un moment à se rendre aupont. S’il rencontre en route le vice-roi et le princed’Eckmulh en deçà de Borisow, il leur dira d’accélérerleur marche, et si la fatigue de leurs troupes est tellequ’ils ne puissent pas avancer, il les engagera à fairetoutes les démonstrations possibles pour inquiéter l’en-nemi, soit par des tirailleurs, soit par des batteries, etc.Le duc deReggio était cette nuit dans le village de N. Sta-kow à deux lieues du passage et à une lieue et demie deBorisow, et l’ennemi était dans ce village. Ainsi toutedémonstration d’une rive sur l’autre l’inquiétera beau-coup et l’obligera à envoyer des bataillons pour garderses flancs. Il tâchera d’arriver à Borisow entre deux ettrois heures du malin. Il se rendra chez le duc de Bellune;il lui fera connaître que le major-général lui envoiel’ordre, en date de minuit et demi le 27 , pour se rendresur-le-champ au passage , afin de pouvoir soutenir le ducde Reggio , dont il lui fera connaître la position ainsi quecelle de l’ennemi ; qu’il est nécessaire que le duc de Bellune fasse partir sur-le-champ une division et successi-vement l’autre; que Borisow sera gardé par une brigadede la douzième division, qu’il rappellera à cet effet si lescirconstances le permettent, à moins que le prince d’Eck-mulh ne s'y trouve arrivé et obligé de s’y reposer ; auquelcas, il pourrait s’en charger. Il restera jusqu’au jour àBorisow ; il verra la contenance qu’a l’ennemi vis-à-visBorisow , s’il a évacué cette position ou s’il tient. En-suite il viendra me rendre compte du lieu où se trouventtoutes les troupes.