DE M. D U V A L.
qu’on y agitoit sembloient n’ètre suggérées que parl’abstraction, & par la pure subtilité, & que d’autresparoilsoient d’une nature à ne pouvoir être décidéesque dans les conseils de l’Eternel, je résolus d’abau-donner ces hautes spéculations à ceux dont l’espritétoit capable d’un essor plus rapide & plus élevé quele mien. J’avoue ingénument que ce qui a manquéde me faire abjurer toutes sortes d’études a été l’indi-gne partialité de plusieurs écrivains , leur coupabledisposition à flatter les grands jusqu’à la satiété & audégoût, & plus encore les misérables prétextes quequelques-uns d’eux ont inventés pour exténuer l’énor-mité des plus violents attentats qui aient été commiscontre l’humanité , tels que l’extirpation des peuplesdu nouveau monde, les pillages, les profanations &les incendies exercés en Allemagne par les Suédoispendant près de trente ans , & le faccagement duPalatinat par la nation la plus polie de l’Europe :événements affreux que l’ignorance m’auroit cachés,& que tous les replis de la politique n’empêcherontpas de souiller à jamais les annales du christianisme.Les apologies publiées pour justifier de tels excès,m’ont souvent rappellé sinfâme décret de ces magi-strats d’Athènes , par lequel il étoit ordonné que toutce que feroit le roi Démétriusseroit tenu pour íàintenvers les Dieux & pour juste envers les hommes.Des traits auffi fanatiques indiquent cent fois mieuxles sources de l’idolâtrie que tous les amples volumesque l’on a publiés fur son origine. Si de tels exemplesm’ont toujours scandalisé, j’enai au moins tiré cet
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