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Tome I
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DE M. D U V A L.

III

seulement elle cessa de la persécuter, mais de pluselle consentit que, sous le beau nom d’Isis, elleaugmentât la foule des divinités que l’Egypte adoroit.Cependant, comme l’expérience lui avoit appris com-bien les promesses du Seigneur Jupiter étoient sujettesà caution, elle exigea avec raison qu’il les renditinviolables par un serment qu’il ne put enfreindre,& c’est ce qu'il fit d’assez bonne grâce par cette pathé-tique formule.

Noh'es Ondes du Styx ! C’ejì par vous que je jure,

Fleuve affreux écoutez le serment que je fais &c.

Quel dommage que l’on n’ait pas encore inventé parmiles hommes un serment aussi sacré & aussi indissolublepour les Rois & les amants, que la fable a prétenduque celui-ci l’étoit pour les Dieux ! Je fus fi enchantéde la complaismce de Madame Junon que je lui dési-rai tous les appas les plus capables de fixer Pinçon-stance de son époux. A l’égard de la nouvelle déesseque je vis s’élever vers le ciel, en compagnie de plu-sieurs autres divinités,toutes assises fur le mème nuage,je souhaitai que le plaisir, ou plutôt l’ennui de Pim-mortalité la dédommageât de toutes les souffrances quilui avoient attiré ma compassion, & que les peuplesd’Egypte , en lui accordant les honneurs de l’invoca-tion, distinguassent son culte d’avec celui qu’ils ren-doient aux aulx & aux oignons de leurs jardins, de'même qu’aux poissons & aux crocodiles de leur fleuve.C’est par cette apothéose que finit Popéra d’Isis. Jus-qu’ici je m’étois moqué des courtisans qui avoient.