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carmine , part. r. qu. i. dit, que la fable du poèmeépique est une fiction , dont une partie est vraie , &l’autre est inventée , sermo fiflititts , qui rem alteramapertè, alteram dijjìmulanter Jignificet. ,, La fable„ ( dit Aristote ) est la principale partie du poëme épi-„ que & du poëme dramatique ; & comme elle con-„ liste dans une action simple, il faut l’orner par des„ épisodes qui servent à instruire & à la rendre agréa-„ bíe.” Les Auteurs qui ont écrit de la fable , com-me sujet d’un poëme épique ou dramatique, ne s’a-cordent pas fur les parties , dont la fable doit êtrecomposée. Castelvetro exige huit choses pour la com-position de la fable : il veut i°. qu’elle soit toute, c’est-à-dire , selon Aristote , qu’elle ait son commencement,son progrès, & fa fin : 2°. qu’elle soit grande , c’est-à-dire , digne de l’atention des Lecteurs , ou des Au-diteurs : j°. une, ensorte que tous les incidens necomposent qu’un seul sujet : 4 °. pojjtbie , pour n’étrepas entièrement fabuleuse : es.Jbnple , sans incidens,& fans épisodes superflus : 6°. qu’elle ait du merveil-leux, pour mériter l’atention des Spectateurs : 7°. qu’el-le ne soit point embaraffée par des incidens étrangers :8*. & qu’elle soit capable d’exciter les passions, parun mélange de bonheur & de malheur. La divisiongénérale est, qu’elle est ou simple , ou composée : lasimple est ( dit Heinsius, fur Aristote ) celle dont lecours n’est interrompu par aucun incident qui arriveinopinément, par une reconnoiffance fans nécessité,enfin par aucun changement dans le fil de l’Histoire,qui empêche d’aler à la fin de faction. La grandeurdans la fable , est une beauté , comme elle Test danstoutes choses. Un animal ( dit Aristote , cap. 8- poet.)ne peut être apellé beau , quand il est ou trop grand,ou trop petit. L’unité de la fable , de la tragédie &du poëme épique , est fondée sor ce qu’il n’est paspossible d’atirer l’atention des Lecteurs & des Specta-teurs pendant un te m s indéfini, outre que la plura-lité des incidens ne manqueroit pas d’embarasser l’i-niagination & la mémoire d’une infinité d’idées pluscapables de rebuter , que de plaire. La possibilitéde la fable consiste à raconter les choses , non pointcomme elles sont arrivées , mais comme elles doiventarriver par raport au sujet que l’on traite. C’est parcette raison que l’Académie Françoise a dit, dans sonsentiment sur le Cid , que „ le Poëte ne doit pas„ craindre de commettre un sacrilège en changeant„ la vérité de l’Histoire : nous sommes confirmezM dans cette créance , parle plus religieux desPoë-„ tes , qui corrompant l’Histoire , a fait Didon peu„ chaste , fans autre nécessité que d’embélir son poë-„ me d’un épisode admirable, d’obliger les Romains,,, aux dépens des Cartaginois.” La fable doit êtremerveilleuse, pour exciter l’admiration ; elle doit êtrevraisemblable , pour se rendre digne de créance : onn’est point touché de ce qui paroìt incroïable. Surtoutes ces choses , votez Arijiote , Scaliger , Cajtel-vetro , VoJJìus , la Menardiére , PAbé d’Aubignac, leP. Le Bossu, le P. Rapin , &.
* FABLE. [ Mcr<e nuga. ] Chose fausse. ( Cela sentextrêmement la fable. Voit. I. 28. Parmi tant de fa-bles raconter quelque vérité. Voit. I. Fables quetout cela.)
* FABLE. [ Summ jam in fabulis. ] Jouet . Risée.Entretien. ( Nous aluns servir de fable & de risée àtout le monde. Mol. pre’c .)
t§ FABLIAUX- Anciens contes que les Poèteschantoient. Votez Faucbet.
V FABRICANT, f- m. On apelle ainsi ceux quitravaillent, ou qui font travailler fur le métier, à lafabrique de étofes & autres marchandises. C’est pro-prement ce qu’on apelle un Manufacturier.
t LE FABRICATEUR SOUVERAIN- [Sum-
mus opifex. ] Termes burlesques, pour dire, Dieu .(Le Fabricateur Souverain nous créa tous de mêmemaniéré. La Font. fab. I. 1. fab. 7.)
t FABRICATEUR. [ Fabricatnr , faber. ] 11 sc ditquelquefois , pour signifier celui qui fabrique de lamonoïe , vraie ou fausse.
FABRICATION , J. f. f Fabrìcatìo. J La peine qu’ona eue de fabriquer. ( Païer les frais de la fabricationde la monoïe. Bouteroiiê, traité des monoies , p. 6.)
FABRIQUE , f. f. [ Fabrica , opm. j Le soin & lapeine qu’on a prise à fabriquer. (Un drap de fabri-que étrangère : la fabrique des tuïaux d’orgue.)
FAB
FABRIQUE. Terme d [Eglise . C’est le revenu quisert aux réparations & à l’entretien de l'Eglise. Lebien temporel qui apartient à l’Eglise. ( Quêter pourla fabrique. La fabrique de Saint Jaques de la Bou-cherie est la plus riche fabrique de Paris . C’est unornement qui apartient à la fabrique.)
{$ On apelle aussi œuvres , & dans la campagne,luminaire , marguillerie , le fond & le revenu tempo-rel d’une Eglise , & ceux qui sont préposez pour enavoir l’administration , L.ummiers , SíMarguillieis.Les Archevêques furent d’abord les dépositaires desoblations, qu’ils partageoient entre les Clercs qui ler-voient l’Eglise, la fabrique , les pauvres , & dont ilsréscrvoient une portion : mais dans la fuite , cet em-ploi devint onéreux, & les Evêques laissèrent aux Ar-chidiacres le soin de faire ce partage ; & ceux-ci, auxCurez, dont la plupart s’apropriant la plus grandepartie des oblations, on établit des personnes pouravoir le soin de la fabrique , & ce soin consiste!t àrecevoir la part des oblations, & à les emploïer auXbesoins de l’Eglise , & à fournir le luminaire pour lacélébration des Ofices divins ; ce qui a donné lieude les apeller en quelques paroisses Luminiers , & lafabrique Luminaire. Les Evêques ont toujours préten-du que la fabrique étoit de leur dépendance, & qu’ilsdévoient nommer les Marguilliers , & examiner leurscomptes : mais les Arrêts des Cours supérieures ontconservé aux paroissiens le droit de nommer leurs Mar-guilliers dans une assemblée des principaux habitans,en présence du Curé & des Oficiers du lieu. Lescomptes de la fabrique doivent être de même examinezpar les Curez , les Oficiers & ses habitans ; & s’il arrivequelque contestation , elle doit être jugée par les Ju-ges laïques. 11 est vrai que les Evêques peuvent, enfaisant leurs visites, sc faire représenter les comptesde la fabrique , & s’il trouvent quelques erreurs , ouquelques emplois mal faits , concernant l’Ofice divin,ils ont droit d’ordonner ce qu’ils trouveront à propos,fans prendre connoissance du temporel. On peutvoir sor cette matière , les Mémoires du Clergé, Fe-vret de P abus , le Dictionnaire des Arrêts, U le Re-cueil des Arrêts concernant les dixmes, U tes portionscongrues , imprimé à Lyon .
FABRIQUE. Ce mot se dit en parlant de monoïe,& veut dire, lieu ou l’on fabrique la monoïe. (LesAnciens érigeoient des autels au milieu des fabriquesde la monoïe. Bouteroui , traité des monoies.')
í FABRIQUE des Vaisseaux. C’est tout ce qui sepeut observer dans leur construction , & la maniérédont ils sont construits. (Vaisseau de fabrique Fran-çoise , de fabrique Angloisc.)
FABRIQUER, v. a. [Fabricare, facere, fabresacere.)Ce mot signifie faire , & il se dit en pariant d’étofe,de monoïe , &c. (Drap fabriqué de bonne laine. Lepouvoir de fabriquer monoïe apartient de droit auxPrinces souverains & aux Républiques. Bouteroui, trai-té des monoies. Fabriquer des chapeaux, de la chan-déle, des cierges, des vaisseaux , &c.
Le Ciel dont nous voions que P ordre ejl tout puissant ,
Pour disérens emplois nous fabrique en naissant.
Deípr. )
f * FABRIQUER, sc dit, pour controuver, inven-ter. ( Fabriquer un mensonge, une calonnie.)
í * FABRIQUER , se dit aussi dans le même sens,d’un faux acte , d’une fausse pièce, d’un faux Testa-ment. ( Fabriquer un acte, fabriquer une piéce, fa-briquer un testament.)
î FABRIQUER un vaisseau. C’est le construire, lebâtir.
FABULEUSEMENT ,adv. IFabulosè .] Parlerfabuleusement, d’une maniéré qui sent la fable.
FABULEUX, fabuleuse , adj. [Fabulosus , fiHus ,commentitius. J Qui tient de la fable : qui regarde lafable : qui n’est pas vrai. ( Savoir l’Histoire fabuleu-se : c’est une chose fabuleuse: cela est fabuleux.
Le tout efl mis en œuvre, £)? proverbes des Hales,
Et récit fabuleux , & pointes triviales.
Vill.)
FABULEUX, f. m. [ Cor.unentitìum, fiflum.) Usedit parlant de Poésies ou de Roman , & signifie cho-se fabuleuse. ( Comme Arioste avoit outré le merveil-leux des Poèmes par le fabuleux incroïable , nousoutrons le fabuleux par un assemblage confus deDieux, de Bergers , de Héros , d’Enchanteurs , de
Furies