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[Tome Second F-O]
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F AI

Qu lefait riche. [ Dives habetur .] Cest-à-dire , oflcroît & lon publie quil est riche.

Ce mot faire sert à un si grand nombre de façonsde parler , quon ne les sauroit toutes raporter. Onsest contenté den donner quelques-unes pour exem-ple. Les autres se trouveront en leur rang, sous lesmots avec lesquels on peut joindre le mot faire.

En voici quelques-unes. Faire jujîice , cest exécu-ter quelcun a mort : faire fa main, cest dérober ; fairefa maison , cest enrichir fa famille & la rendre puissan-te ; faire ioffice , cest célébrer le service divin; faireses Pâques, cest se confesser & communier à Pâques ;faire son paquet , cest sen aller ; faire gilles , cest par-tir brusquement ; faire la planche , cest entrer le pre-mier dans une afaire douteuse : alez vous faire paître,cest-à-dire , je ne suis point content de vous ; faire dessiennes , cest faire quelque mauvaise action ; faire lavie, cest se débaucher; faire tout uni , cest navan-tager personne.

Se faire , v. r. Ce verbe entre dans plusieurs façonsde parler ordinaires. (Se faire des afaires , ccst-à-di-re, satirer de fâcheux embaras, quelque queréie. IIcommence à Je faire , f Je perpolire s J cest-à-dire , àprendre des manières sages & honnêtes à avoir plusdesprit & plus dusage du monde. Elles crurent quec étoit fait de leur maîtresse. Vaug. Quint. I. ;. Cest-à-dire , que leur maîtresse étoit perdue, quil en faloitdésespérer. Ceji fait de moi, cejtfait de lui, &c.

Et lors-que ce quon a de beauEst du tems , ou des maux devenu la vicíime,

II faut, pour aquérir une nouvelle estime,

Se faire un mérite nouveau.

Deshoul. )

FAIRE quelcun à fis manières. Mr. Sarrasin ,dans la Pompe funèbre de Voiture ;

Voiture qui st galammentAvoit fart, je nesçai comment,

Les Muses à son badinage.

à reste , le mot Latin facere signifioit sacrifier, immo-ler : agna Jovifacit , dit Varron : pro frugibus facere,dic Virgile , egl. vers. 77. hojiia ritè Luis fieri. Mi-crobe, fatum. 3. c. 2.

FAISABLE, adj. s Facilis , patrabilts, fafíufacilis.JQuil est possible de faire. (Cest une chose fort fai-sable. Vaug. rem. )

sf FAISANCES. Ce font corvées dans la Cou-tume de Normandie, ch. 93.

FAIS AND , f. m. [ Phastanus. ] Sorte doiseauqui est très-bon a manger. 11 est gros comme un cha-pon ordinaire. II a le bec court, gros & crochu, latête dun verd changeant, lœil entouré de petites plu-mes rouges, & lestomac & le ventre de couleur jau-ne. Ses ailes tirent fur le gris, & fa queue est lon-gue. 11 y a des faisans blancs , mais ces faisans vien-nent de Flandre .

FAISANDE, foisonne, faisante,s. f. [ Avis phasta-na. 2 Les trois mots se disent, pour dire, la semellede saisand. Les hommes savans en la langue, disentfaisande ou semelle de saisand i les dames, faifannes ;les oiseliers & les rôtisseurs faisante. On croit quilVaut mieux parler comme les hommes doctes , oucomme les dames qui parlent bien , que comme lesoiseliers, qui cependant entraînent assez de gens deleur côté. Sil mest permis de dire mon avis-dessus , je serois pour faisande , ou femelle de saisand,fans condanner ceux qui disent faisanne.

FAISANDEAU , faisanneau, s. m. [Pullm phafîanus.JPetit saisand. Lusage est pour faisandeau.

FAISANDER ,«.«.[ Marcerare, corrumpere. J Cemot se dit de la viande , & signifie garder la viandejusquà ce quelle ait un certain goût qui tire sur lavenaison, & qui soit prêt à dégénérer. (II est bon de lais-sser un peu faisander la viande. Viande trop faisandée.)

FAISANDERIE , f. f. [Aviarium phastamrum.J Lieu lon tourin & eiéve des faisans. ( La faisanderieest belle & grande , & elle est pleine de faisans. )

FAISANDIER, f. m. [ Phastanarim, phastanorum pro-pola. ] Cest celui qui chasse qui vend, qui nourit &élève des faisans, & des faisandes. (11 y a tous lesjours de marché , des faisandiers à la valée de misèrei Paris . Cest un bon faisandier.

F VSCEAU , f. m. I Fqfcit , fasciculus. ] Paquetou fagot de plusieurs choses qui tiennent ensemble par

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le moi'en de quelque lien , ou de quelque envelope ;trousseau de certaines choses liées ensemble.

t FAISEUR , f m. C FaHor , autor , effvèlor. ]Ce mot signifie celui qui Fait, mais ii ne se dit passeul, on dit: (Un faiseur de chansons. Faiseur dal-manacs. Voit. Pouf Faiseur de livres : faiseur de vers.)

FAISEUR dinjlrumens de Mathématique. Cest unouvrier qui fait de toutes fortes de choses qui ferventaux Mathématiciens.

FAISEUR dinstrumens de Musque. Cest celui quonapelle ordinairement Lutter.

FAISEUR de portraits. Cest un Peintre qui nestpoint païsagifte , ni qui ne fait point lBistoire ; maisqui soeupe seulement à bien faire les portraits. ( 11 ya des faiseurs de portraits qui font plus riches que lespaïsagistes , & que tous ceux qui font lhistoire. 11 ya des faiseurs de portraits qui prennent jusquà zp. pi-stoles. De Troie, Rigaud, Ferdinand, Larzilliére &Vignon sontles plus illustres faiseurs de portraits d*ce tems. )

FAISEUR de balais. Ouvrier qui fait de toute sor-te de balais.

f FAISEUSE » f.s Mot général, pour dire, cellequi fait, mais il ne se dit guére seul. (Rabat de labonne faiseuse. Molière .

FAISEUSE de coifures de déitil. Couturière pour fem-me , qui fait toutes sortes de coifures de deuil.

FAISSEAUX, f m. f Fastes. J Haches environ-nées de verges quon portoit devant les principauxMagistrats Romains , du tems de la République.

(§ FAISSEAUX. Terme dAgriculture , Le faisseauest un petit morceau de bois gros dun pouce, & longenviron de deux piés, quon emploie pour faire desridelles aux charrétes , si bien que les Laboureurs di-sent : II manque des f aisseaux à ma charréte.

FAI T, faite , adj. [Faèíut.] Achevé. Exécuté. (Tra-vail fait : chose faite. )

FAIT , faite. Ce mot entre dans plusieurs façonsde parler dusage. On dit, cest un des hommes dela Cour le mieux fait. Elle eji fort bien faite , f pul-cherimâ stecie, ] cest-à-dire, elle a bon air. Cestun homme fait. Cejt une fille"faite, sconfirmatâ atate ,2cest-à-dire , qui est grande. Cest le père tout fait-,

[ totus patri stmilis. ] Volt. Pois. Cest-à-dire, quil res-semble à son père. II est sait pour la guerre, [ ad ar-ma natm. ) Cest-à-dire , il est pour la guerre,il est propre pour la guerre. 11 est fait aux afaires ,pour dire, il est acoûtumé aux afaires , il est ex-périmenté dans les afaires. )

f Vent fait. Cest en termes de Marine , un ventqui a déja souflé quelque tems dun certain rumb , &quon présume qui doit durer.

FAIT ,f. m. [ FaHum. ] Chose faîte : chose qui sestpassée : action : chose dont il sagit : question. ( Ra-conter bien un fait. Venir au fait. Une question defait. II ne faut pas disputer sur lésait. Pose. I. 6.)Ce qui fait aujourdhui la guerre entre les Jansénistes& les Molinistes, est la question de fait P. Qgesnel.

..... Quand dunstile st net,

t)une casse embrouillée il expose le fait,

Et ramasse en deux mots ce quon dit en dix mille.Art de prêcher , ch. 1. )

(§ Dans toutes les afaires litigieuses, îly a iefait,& le droit : le fait consiste dans ce qui a été fait, &souvent dans ce qui na pas été fait : le droit dépendde laplication de la Loi , ou de lOrdonnance , aufait dont il sagit, quand il est certain. Cest tine ré-gie certaine, que toute stipulation qui consiste en fait,est individue , parce que ( disent les Docteurs ) le faitnest réputé fait, sil nest parfait. Cest encore unerégie, que chacun est tenu de son propre fait, <& ja-mais de celui dautrui, si lon ne sy est pas obligéexpressément, & sous une peine que lon doit subir,si lon nexécute pas ce qnon a promis , autrement ilsufit davoir fait ses diligences : mais tous nos con-trats portent la clause , à peine de tous dépens, dom-mages & intérêts.

FAIT. M. Patru a dit, dans son Plaidoïé des Urba-nistes : Ce ne seroit jamais fait, st on voulait raporter iciun nombre infini dexemples. Mais cette phrase est bienbourgeoise. On dit dans la conversation familière :Je naurois jamais fait ,st je vomi contais, U c. Je neTom. II. B vou -