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[Tome Second F-O]
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HIN

HlMEN ,s m. [ Ttmica virginitatk cujìo:.'] Terme& Anatomie. Lhimen est une petite membrane auxparties naturelles des filles, qui est entrelassée de peti-tes veines, lesquelles étant rompues au premier con-grez jettent du sang, à ce que content quelques-uns.

HIMEN. [Hymenatisj Dieu que les Poètes Grecs &Latins, & depuis eux, les autres Poètes ont feint leDieu du mariage. Voïez Phabillement de ce Dieu dansune épitalame de Catulle .

* HIMEN. [ Maritale conjugium .] Ce mot signifie lemariage, mais en ce sens , il ne se ditquen vers, ouen des discours de prose qui tiennent de la Poésie. (Siles choses dépendoient de moi, cet himen ne se feroitpas. Mol. avare, a. %.sc. 7. Rompons avee plaisir unhimen quil difére. Presser un himen. Racine Ipbìgé-nie , u.

/.'himen avec la joie a tant dantipatie,

Quon na que deux bons jours , /entrée U lasortie.

S. Evremont .

, II ejl tems de fixer tes defirs,

Ainsi que fis chagrins , /'himen a ses plaisirs,Despr.)

Ce triste himen , au bout de quinze jours ,

Avoit déja leur flâme terminée.

Poète anonime.)

La crainte de /'himen métonne,

Je crains les plus aimables neuds,

Un cteur devient fort ; malheureux ,

Quand la liberté P abandonne.

Armide, a.

Sachez que d!une fille on risque la vertu,lorsque dans son himen ,son goût ejl cambatu,

Mol.)

HIMEN. Peau déliée qui envelope les fleurs des jar-dins qui font en bouton. Cela se dit particulièrementdes roses.

HIMENE'E , s. m. [Nuptiœj Ce mot, pour dire ma-riage, n'est u fl quen vers, ou en des ouvrages deprose qui ressentent la Poésie. (Un heureux himenée.Scaron . Un triste, un malheureux, un fâcheux hime-née. La Fontaine dit, que la discorde cherchant à seplacer en quelque endroit, & que ny aïant point alorsde Couvent de filles.

Lauberge enfin de /'himenée.

Lui fut pour maison asjìgnée »

Fables . 1 . 6.

Tant quU s nesont quamans , nous sommesfauve*

raines,

Et jusquà la conquête ils mus traitent de Reines -Mais après P himenée ilsfont Rois à leur tour » '

Corn. Pol. a. 1 .sc, ;.)

HIMNE . {Hynmus , odej Ce mot est masculin & fé-minin , mais plus ordinairement féminin ; le motàhimne est Grec, & signifie un chant. C'est un Poèmeoriginairement consacré à la louange de Dieu desmistéres de la Religion & des Saints, On se sert néan-moins de cette Poésie pour louer les vertus des hom-mes & lexcélence des choses naturelles. Les himnesde Ronsard ont été commencées par N. Richelet. Leáhimnes de lEglise sont traduites par Mr. de Saci enbeaux vers.) Monsieur Santeiiil a saisies himnes duBréviaire de Paris . II y a des himnes du Père le Févrede lOratoire qui font assez bonnes.

Messieurs de l'Académie remarquent qu 'hymne estordinairement féminin , quand on parle des himnes delEglise. (Une belle himne.) stlais que ce mot est mas-culin quand il signifie une sorte de Poésie Brique, ouun cantique à la louange de Dieu . (Seigneur, quelshimnes de louange ne te devons-nous pas? Acad,

Franf.

Te shimne que nous consacronsA ce Héros qui ta charmée ,

Fais diligente renommée,

Far tout bruire tes cent clairons,

Rec. de lAcad. 163;.)

HlNGUETNjs r*. tRetínaculumst Tétine d e Ma*rine. Pièce de bois qui sert à arrêter le capestan.

HINSE- {Attolkj Terme de Marine, Ordre qu'ondonne, pour dire , tirer en haut.

HIOIDE , adj. [Hiaides .2 Ternie àAnatomie. Qsqui est situé à la base de la langue fur le larinx,

HIP 191

HlPAPANTE- Cest le nom que les Grecs don-noient à la fête de la Purification de la sainte Vierg e ,HIPECOON- Nom de Plante , dont les fleurs &la semence font jaunes, & qui est narcotique commele pavot.

HIPERBATE,/ f [ 'Hyperbatòn .] Terme d cRhétorique. Construction figurée qui renverse lordre dudiscours.

HIP ERHATE. Ce nest autre chose que la trans-position des pensées & des paroles dans lordre & dansla fuite dun discours. Cest la définition de Longin ;& il ajoute, ( selon la traduction de Air . Despreaux )que cette figure porte avec soi le caractère dune passion forte & violente : en éfet, voïez tous ceux qui font émus de colère, de jalousie, ou de quel- que autre passion ; tëur esprit est dans une agitation continuelle ; à peine ont-iìs formé un dessein, quils en forment un autre ; & au milieu de celui-ci seri,, proposant encore de nouveaux il ny a ni raison ni raport, ils reviennent souvent à leur prémiêre,, résolution. Voïez le reste, que je na! pas crudevoir transcrire, je ne puis en donner un exempleplus clair & plus expressif que ces vers dEmilie danále Cinna, aîi. 1. sc. 3. Fulvie lui réprésente les pé-rils elle expose son amant qu'elle oblige daten-ter à la vie dAuguste . Elle lui répond :

Ah ! tu fiais mefraperpar je fuissensible ;

Quand je songe aux dangers que je luisais courir ,

La crainte de fa tnort méfait déja mourir ;

Mon esprit en désordre àfii-snême sopose sJe veux , U ne veux pds , je memporte , sis je nàfi,Et mon devoir confus , languissant, étonné,

Cède aux rebellions de mon cteur mutiné.HIPERBOLE , f f {Hyperbole, superlatioj L-pêrbole est un terme de Rhétorique qui vient duGrec. C'est une figure qui consiste à exagérer, ou di-minuer quelque chose. Pour vouloir porter trop hautune hiperbole , on la détruit. Tsefir. long. c. 31. (Uneheureuses une belle, une judicieuse hiperbole. UneFroide hiperbole. Hiperbole trop poussée. Hiperbole outrée. Le stile de Balzac & de son singe le père leMoine font pleins dhiperboles. Faite des hiperboles,Vos grandes actions ont surpassé les exagérations Kles hiperboles.

Juvénal élevé danS les crû de Pécole,

Faussa jusquà P excès fa mordante hiperbole.

Despr.)

jjjs Lhìperhole va toujours trop loin, quand elleioule fur tout le sens dune pensée. En voici unexemple ; cest lépitaphe de Madame de Traves, pasSaint Gelais :

O voyageurs ! te marbre fut choisiFour publier la grande extorsiont>e mort qui prit Helene de Bùijsit>ont icy gift la moindre portion »

C«r Pelle euji eu , à proportionfieses valeurs , un juste monument ,

Toute la terre élleust entierementFour fin cercueil, B? la grandmér parenteHefust que pleurs, B? A clair firmamentLuy euji Jèrvi ct une chapelle ardente.

Nos anciens Poètes font pleins de ces hiperboìêá ex-travagantes : on les admiré autrefois : mais les gensde bon goût, & qui ont lesprit réglé, ne peuventsoufrir les hiperboles. Tout ce qui est excessif, estvicieux ( dit le Pere Bouhours dans son Art de penser)jusquà la .vertu, qui cesse détre vertu , quand elle vaaux extrémitez, &elle ne garde point de mesures.Cependant lhiperbole a été long-tems à la mode»Malherbe afectoit celle-ci :

Qui sera Jl ridicule ,

Qui ne confesse qu Hercule Est moins Hercule que toi ?

Et dans lépitaphe M. le Duc dOriéaas :

Plus Mars que Mars de la T trace.

Mr. de Voiture a dit :

11 ejì de fâcheux entretien,

Saturne est moins saturnien.jstr. Chevreau a remarqué dans ses œuvres mêlées, qtì$P hiperbole est la favorite des jeunes gens , selon Aristote .È fittí encore cette remarque qui fak eonnottre