CHANT SECOND
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CHANT II.
ARGUMENT.
HENRI le GRAND raconte à la reine Elifaheth l’hiflotte,des malheurs de la France : il remonte à leur origine ,et entre dans le détail des majfacres de la S c Barthelemi,
Reine, l’excès des maux où la France eft livrée (a)Eli d’autant plus affreux, que leur fource eft facrée.
C’eft la religion dont le zèle inhumainMet à tous les Français les armes à la main.
(h) Je ne décide point entre Genève et Rome.
De quelque nom divin que leur parti les nomme,
J’ai vu des deux côtés la fourbe et la fureur;
Et fi la perfidie eft fille de l’erreur,
Si dans les différends où l’Europe fe plonge,
La trahifon, le meurtre eft le fceau du menfonge ;L’un et l’autre parti cruel également,
Ainfi que dans le crime, eft dans l’aveuglement. .Pour moi qui, de l’Etat embraffant la défenfe,
Laiffai toujours aux cieux le foin de leur vengeance,
On ne m’a jamais vu , furpaffant mon pouvoir,
D’une indiferète majn profaner l’encenfoir;
Et périffe à jamais l’affreufe politique
Qui prétend fur les cceurs un pouvoir defpotique,
Qui veut le fer en main convertir les mortels ,
Qui du fang hérétique arrofe les autels,
Et fuivant un faux zèle, ou l’intérêt pour guides,
Ne fert un Dieu de paix que par des homicides!