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LA HENRIADE.
Plut à ce Dieu puiffant, dont je cherche la loi,Que la cour des Valois eût penfé comme moi!
Mais l’un et l’autre Guife ( c ) ont eu moins de fcrupule.Ces chefs ambitieux d’un peuple trop crédule,Couvrant leurs intérêts de l’intérêt des cieux,
Ont conduit dans le piège un peuple furieux,
Ont armé contre moi fa piété cruelle.
J’ai vu nos citoyens s’égorger avec zèle,
Et la flamme à la main courir dans les combats,
Pour de vains argumens qu’ils ne comprenaient pas.
Vous connaiffez le peuple, et favez ce qu’il ofe,Quand du ciel outragé penfant venger la caufe,
Les yeux ceints du bandeau de la religion,
Il a rompu le frein de la foumiflion.
Vous le favez, Madame, et votre prévoyanceEtouffa dès long-temps ce mal en fa naiffance.
L’orage en vos Etats à peine était formé;
Vos foins l’avaient prévu, vos vertus l’ont calmé :Vous régnez, Londre (i) eft libre, et vos lois floriffantes.Médicis a fuivi des routes différentes.
Peut-être que fenfible à ces trilles récits,
Vous me demanderez quelle était Médicis ! '
Vous l’apprendrez du moins d’une bouche ingénue.P»eaucoup en ont parlé , mais peu l’ont bien connue,Peu de fon cœur profond ont fondé les replis.
Pour moi, nourri vingt ans à la cour de fes fils,
Qui vingt ans fous fes pas vis les orages naître.
J’ai trop à mes périls appris à la connaître.
Son époux, expirant dans la fleur de fes jours,
A fon ambition laiffait un libre cours.
Chacun