CHANT SECOND.
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Je croiffais fous fes yeux, et mon jeune courageFit long-temps de la guerre un dur apprentiffage.
Il m’inftruïfait d’exe<mple au grand art des héros ;
Je voyais ce guerrier, blanchi dans les travaux,Soutenant tout le poids de la caufe commune,
Et contre Médicis, et contre la fortune ;
Chéri dans fon parti, dans l’autre refpecté ;Malheureux quelquefois , mais toujours redouté ;Savant dans les combats , favant dans les retraites ;Plus grand, plus glorieux, plus craint dans fes défaitesQue Dunois ni Gallon ne l’ont jamais étéDans le cours triomphant de leur profpérité.
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Après dix ans entiers de fuccès et de pertesMédicis qui voyait nos campagnes couvertesD’un parti renaiffant qu’elle avait cru détruit,
Laffe enfin de combattre et de vaincre fans fruit,Voulut, fans plus tenter des efforts inutiles,Terminer d’un feul coup les difcordes civiles.
La cour de fes faveurs nous offrit les attraits ;
Et n’ayant pu nous vaincre, on nous donna la paix.Quelle paix, jufte Dieu ! Dieu vengeur que j’attelle,Que de fang arrofa fon olive funefte !
Ciel, faut-il voir ainfi les maîtres des humainsDu crime à leurs fujets applanir les chemins !
Coligny , dans fon cœur à fon prince fidelle,Aimait toujours la France en combattant contr’elle;
Il chérit, il prévint l'heureufe occafionQui femblait de l’Etat affurer l’union.
Rarement un héros connaît la défiance :
Parmi fes ennemis il vint plein d’affurance ;
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