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LA HENRIADE.
Fut îe théâtre affreux de leurs premiers exploits :
Le vieux Montmorenci (/), près du tombeau des roisD’un plomb mortel atteint par une main guerrière,
De cent ans de travaux termina la carrière.
Guife (nz) auprès d’Orléans mourut affafliné.
JVlon père (/z) malheureux, à la cour enchaîné,
Trop faible, et malgré lui fervant toujours la reine,Traîna dans les affronts fa fortune incertaine ;
Et toujours de fa main préparant fes malheurs,Combattit et mourut pour fes perfécuteurs.
Condé, (o) qui vit en moi le feul fils de fon frère,M’adopta, me fervit et de maître et de père ;
Son camp fut mon berceau ; là, parmi les guerriers,Nourri dans la fatigue , à l’ombre des lauriers ,
De la cour avec lui dédaignant l’indolence,
Ses combats ont été les jeux de mon enfance.
O plaines de Jarnac ! ô coup trop inhumain !Barbare Montefquiou , moins guerrier qu’affaflin,Condé déjà mourant, tomba fous ta furie!
J’ai vu porter le coup, j’ai vu trancher fa vie :
Hélas! trop jeune encor, mon bras, mon faible brasNe put ni prévenir, ni venger fon trépas.
Le ciel, qui de mes ans protégeait la fkibleffe,Toujours à des héros confia ma jeuneffe.
Colignv, (p ) de Condé le digne fucceffeur,
De moi, de mon parti devint le défenfeur ;
Je lui dois tout, Madame, il faut que je l’avoue;
Et d’un peu de vertu fi l’Europe me loue,
Si Rome a fouvent même eftimé mes exploits,
C’eft à vous, ombre illuflre, à vous que je le dois,.