Band 
Tome dixième
JPEG-Download
 

84

LA HENRI AD E.

i

C E malheureux combat ne fit qu’approfondirL’abyme dont Valois voulait en vain fortir.

Il fut plus méprifé quand on vit fa difgrace;

Paris fut moins fournis, la ligue eut plus d’audace;Et la gloire de Guife, aigrilfant fes douleurs,

Ainfi que fes affronts, redoubla fes malheurs.

Guife ( h ) dans Vimori, d’une main plus heureufe,Vengea fur les Germains la perte de Joyeufe,

Accabla dans Auneau mes alliés furpris,

Et couvert de lauriers fe montra dans Faris.

Ce vainqueur y parut comme un Dieu tutélaire.Valois vit triompher fon fuperbe adverfaire,

Qui, toujours infultant à ce prince abattu,

Semblait l’avoir fervi moins que l’avoir vaincu.

L A honte irrite enfin le plus faible courage :L’infenfible Valois relfentit cet outrage;

Il voulut, d’un fujet réprimant la fierté,

Effayer dans Paris fa faible autorité.

Il n’en était plus temps : la tendreffe et la craintePour lui dans tous les cœurs était alors éteinte :

Son peuple audacieux, prompt à fe mutiner,

Le prit pour un tyran dès qu’il voulut régner.

On s’affemble, on confpire, on répand les alarmes:Tout bourgeois eft foldat, tout Paris eft en armes :Mille remparts naiffans, qu’un inftant a formés,Menacent de Valois les gardes enfermés.

Guise (i) tranquille et fier au milieu de l’oragePrécipitait du peuple ou retenait la rage,

De la fédition gouvernait les relforts,

Et fefait à fon gré mouvoir ce vafte corps.