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LA HENRIADE.
Ses fucceffeurs heureux quelque temps l’imitèrent,D’autant plus refpectés que plus ils s’abaiffèrent.
Leur front d’un vain éclat n’était point revêtu ;
La pauvreté foutint leur auftère vertu ,
Et jaloux des feuls biens qu’un vrai chrétien délire,Du fond de leur chaumière ils volaient au martyre.
Le temps, qui corrompt tout,changea bientôt leurs mœurs :Le Ciel pour nous punir leur donna des grandeurs.
Rome, depuis ce temps puifiante et profanée,Aux confeils des médians fe vit abandonnée :
La trahifon , le meurtre et l’empoifonnementDe fon pouvoir nouveau fut l’afFreux fondement.
Les fuccelfeurs du Chrift au fond du fanctuairePlacèrent fans rougir l’incefle et l’adultère ;
Et Rome , qu’opprimait leur empire odieux ,
Sous fes tyrans facrés regretta fes faux Dieux.
On écouta depuis de plus fages maximes ;
On fut ou s’épargner ou mieux voiler les crimes; (d~)(2) De l’Eglife et du peuple on régla mieux les droits.Rome devint l’arbitre et non l’effroi des lois ;
Sous l’orgueil impofant du triple diadème,
La modefte vertu reparut d’elle-même.
Mais l’art de ménager le refte des humainsEft fur-tout aujourd’hui la vertu des Romains.
Sixte alors était roi de l’Eglife eî de Rome . (3)Si, pour être honoré du titre de grand-homme,
Il fuffit d’être faux , auftère et redouté ,
Au rang des plus grands rois Sixte fera compté.
Il devait fa grandeur à quinze ans d’artifices :
Il fut cacher quinze ans fes vertus et fes vices.