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CHANT QUATRIEME.
Il fembla fuir le rang qu’il brûlait d’obtenir.
Et s’en fit croire indigne afin d’y parvenir.
Sous le puiflant abri de fon bras defpotique,
Au fond du Vatican régnait la Politique,
Fille de l’intérêt et de l’ambition ,
Dont naquirent la fraude et la réduction.
Çe monftre ingénieux en détours fi fertile,
Accablé de foucis , paraît fimple et tranquille ;
Ses yeux creux et perçans, ennemis du repos,Jamais du doux fonuneil n’ont fenti les pavots ;
Par fes déguifemens , à toute heure elle abufeLes regards éblouis de l’Europe confufe :
Le menfonge fubtil qui conduit fes difcours , (e)
De la vérité même empruntant le fecours,
Du fceau du Dieu vivant empreint fes impofiures,
Et fait fervir le Ciel à venger fes injures.
A peine la Difcorde avait frappé fes yeux ,
Elle court dans fes bras d’un air myftérieux ;
Avec un ris malin la flatte, la carefie ;
Puis prenant tout à coup un ton plein de trifleffe,
Je ne fuis plus, dit^elle, en ces temps bienheureux,Où les peuples féduits me préfentaient leurs vœux ;Où la crédule Europe , à mon pouvoir foumife,Confondait dans mes lois les lois de fon Eglife.
Je parlais, et foudain les rois humiliésDu trône en frémiffant defcendaient à mes pieds ;
Sur la terre à mon gré ma voix fouillait les guerres ;Du haut du Vatican je lançais les tonnerres ;
Je tenais dans mes mains la vie et le trépas ;
Je donnais , j’enlevais , je rendais les Etats.
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