CHANT QUATRIEME
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Elle l’en croyait digne, et fes ardens foupirsHâtaient cet heureux temps, trop lent pour fes défirs.Soudain la Politique et la Difcorde impie (g)Surprennent en fecret leur augufte ennemie.
Elle lève à fon Dieu fes yeux mouillés de pleurs :Son Dieu pour l’éprouver la livre à leurs fureurs.Ces monftres dont toujours elle a fouffert l’injure,De fes voiles facrés couvrent leur tète impure,Prennent fes vêtemens refpectés des humains,
Et courent dans Paris accomplir leurs deffeins.
D’un air infinuant l’adroite PolitiqueSe gliffe au vafte fein de la Sorbonne antique ;
C’eft là que s’alfemblaient ces fages révérés,
Des vérités du ciel interprètes facrés,
Qui des peuples chrétiens arbitres et modèles,
A leur culte attachés, à leur prince fidèles ,Confervaient jufqu’alors une mâle vigueur,
Toujours impénétrable aux flèches de l’erreur.
Qu’il efl peu de vertu qui réfifte fans ceffe!
Du monftre déguifé la voix enchantereffeEbranle leurs efprits par fes difcours flatteurs.
Aux plus ambitieux elle offre des grandeurs ;
Par l’éclat d’une mitre elle éblouit leur vue:
De l’avare en fecret la voix lui fut vendue:
Par un éloge adroit le favant enchanté,
Pour prix d’un vain encens, trahit la vérité :
Menacé par fa voix le faible s’intimide.
On s’affemble en tumulte, en tumulte on décide.Parmi les cris confus, la difpute et le bruit,
De ces lieux en pleurant la Vérité s’enfuit. (A)
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