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LA HENRIADE.
Alors au nom de tous un des vieillards s’écrie:
„ L’Eglife fait les rois, les abfout, les châtie;
,, En nous eft cette Eglife, en nous feuls eft fa loi;
,, Nous réprouvons Valois, il n’eft plus notre roi.
„ Serinens (^6) jadis facrés, nous brifons votre chaîne,
A peine a-t-il parlé, la Difcorde inhumaineTrace en lettres de fang ce décret odieux.
Chacun jure par elle et figne fous fes yeux. (7)
Soudain elle s’envole, et d’églife en églifeAnnonce aux factieux cette grande entreprife;
Sous l’habit d’Auguftin, fous le froc de François,
Dans les cloîtres facrés fait entendre fa voix;
Elle appelle à grands cris tous ces fpectres auftères,De leur joug rigoureux efclaves volontaires.
De la Religion reconnailfez les traits,
Dit-elle, et du Très-Haut vengez les intérêts.
C’eft moi qui viens à vous, c’eft moi qui vous appelle.
Ce fer qui dans mes mains à vos yeux étincelle,
Ce glaive redoutable à nos fiers ennemis,
Par la main de Dieu même en la mienne eft remis.
11 eft temps de fortir de l’ombre de vos temples :Allez d’un zèle faint répandre les exemples ;
Apprenez aux Français , incertains de leur foi,
Que c’eft fervir leur Dieu que d’immoler leur roi.Songez que de Lévi la famille facrée, (8)
Du miniltère faint par Dieu même honorée,
Mérita cet honneur, en portant à l’autelDes mains teintes du fang des enfans dTfraël.
Que dis-je ? où font ces temps, où font ces jours profpères,Où j’ai vu les Français malfamés par leurs frères ?