io5
CHANT QUATRIEME.
Qui, des lois de fon prince et l’organe.et l’appui,Marchait d’un pas égal entre fon peuple et lui;
Dans l’équité des rois- fa jufte confianceSouvent porte à leurs pieds les plaintes de la France ;
Le feul bien de l’Etat fait fon ambition ;
Il hait la tyrannie et la rébellion:
Toujours plein de refpect, toujours plein de courage,
De la foumiflion diftingue l’efclavage;
Et pour nos libertés toujours prompt à s’armer,Connaît Rome, l’honore, et la fait réprimer.
Des tyrans de la ligue une affreufe cohorteDu temple de Thémis environne la porte:
Buffy les conduifait; ce vil gladiateur, (z)
Monté par fon audace à ce coupable honneur,
Entre, et parle en ces mots à l’augufte afTemblée,
Par qui des citoyens la fortune eft réglée :
„ Mercenaires appuis d’un dédale de lois,
,, Plébéiens, qui penfez être tuteurs des rois,
„ Lâches, qui dans le trouble et parmi les cabales„ Mettez l’honneur honteux de vos gtandeurs vénales;
„ Timides dans la guerre et tyrans dans la paix ,
,3 Obéiffez au peuple, écoutez fes décrets.
„ Il fut des citoyens avant qu’il fût des maîtres.
„ Nous rentrons dans les droits qu’ont perdu nos ancêtres.„ Ce peuple fut long-temps par vous-même abufé;
„ Il s’eft laffé du fceptre, et le fceptre eft brifé.
„ Effacez ces grands noms qui vous gênaient fans doute,3 > Ces mots de plein pouvoir , qu’on hait et qu’on redoute.„ Jugez au nom du peuple, et tenez au fénat3, Non la place du roi, mais celle de l’Etat.