Band 
Tome dixième
JPEG-Download
 

1II

CHANT CINQUIEME.

Et que fauves par toi, nos ligueurs catholiquesSur leurs corps tout fanglans t’adreffent leurs cantiques.

La Difcorde attentive, en traverfant les airs,Entend ces cris affreux et les porte aux enfers, (a)Elle amène à l’inftant de ces royaumes fombres,

Le plus cruel tyran de l’empire des ombres.

Il vient, le Fanatifme eft fon horrible nom :

Enfant dénaturé de la religion,

Armé pour la défendre , il cherche à la détruire,

Et reçu dans fon fein, l’embraffe et le déchire.

C’ E s T lui qui dans Raba, fur les bords de l’Arnon, (2)Guidait les defcendans du malheureux Ammon ,

Quand à Moloc leur dieu des mères gémiffantesOffraient de leurs enfans les entrailles fumantes.

Il dicta de Jephté le ferment inhumain:

Dans le cœur de fa fille il conduifit fa main.

C’eft lui qui, de Calchas ouvrant la bouche impie,Demanda par fa voix la mort d’Iphigénie .

France , dans tes forêts il habita long-temps.

A l’affreux Teutatès (?) il offrit ton encens.

Tu n’as point oublié ces facrés homicides ,

Qu’à tes indignes dieux préfentaient tes druides.

Du haut du capitole il criait aux païens :

Frappez , exterminez , déchirez les chrétiens.

Mais lorfqu’au fils de Dieu Rome enfin fut foumife,Du capitole en cendre il paffa dans l’Eglife; ,

Et dans les cœurs chrétiens infpirant fes fureurs,

De martyrs qu’ils étaient, les fit perfécuteurs.

Dans Londre il a formé la fecte (4) turbulente,

Qui fur un roi trop faible a mis fa main fanglante.