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LA HENRI AU E.
Dans Madrid, dans Lisbonne , il allume ces feux, (b)Ces bûchers folemnels , ou des juifs malheureuxSont tous les ans en pompe envoyés par dès prêtres.Pour n’avoir point quitté la foi de leurs ancêtres.
Toujours il revêtait dans fes déguifemensDes miniftres des cieux les facrés ornemens :
Mais il prit cette fois dans la nuit éternelle,
Pour des crimes nouveaux, une forme nouvelle:L’audace et l’artifice en firent les apprêts.
11 emprunte de Guife et la taille et les traits,'
De ce fuperbe Guife, en qui l’on vit paraîtreLe tyran de l’Etat et le roi de fon maître ;
Et qui, toujours puiffant même après fon trépas.Traînait encor la France à l’horreur des combats.D’un calque redoutable il a chargé fa tête :
Un glaive eil dans fa main au meurtre toujours prête ;Son flanc même eft percé des coups dont autrefoisCe héros factieux fut maflacré dans Blois ;
Et la voix de fon fang, qui coule en abondance,Semble accufer Valois et demander vengeance.
Ce fut dans ce terrible et lugubre appareil,
Ou’au milieu des pavots que verfe le fommeil,
Il vint trouver Clément au fond de fa retraite.
La fuperftition , la cabale inquiète,
Le faux zèle enflammé d’un courroux éclatant,Veillaient tous à fa porte et l’ouvrent à l’intlant.
Il entre ; et d’une voix majeflueufe et fière :
Dieu reçoit, lui dit * il, tes vœux et ta prière;
Mais n’aura-t-il de toi, pour culte et pour encens,Ou’une plainte éternelle et des vœux impuiffans ?
Au