CHANT CINQUIEME.
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Au Dieu que fert la ligue il faut d’autres offrandes ;
Il exige de toi les dons que tu demandes.
Si Judith autrefois, pour fauver fon pays,
N’eût offert à fon Dieu que des pleurs et des cris ;
Si craignant pour les liens elle eût craint pour fa vie,Judith eût vu tomber les murs de Béthulie.
Voilà les faints exploits que tu dois imiter,
Voilà l’offrande enfin que tu dois préfenter.
Mais tu rougis déjà' de l’avoir différée.
Cours, vole, et que ta main dans le fang confacrée,Délivrant les Français de leur indigne roi,
Venge Paris et Rome , et l’univers et moi.
Par un affalîinat Valois trancha ma vie ,
Il faut d’un même coup punir fa perfidie ;
Mais du nom d’affaffin ne prends aucun effroi:
Ce qui fut crime en lui fera vertu dans toi.
Tout devient légitime à qui venge l’Eglife :
Le meurtre eft jufte alors, et le ciel l’autorife.
Que dis-je? il le commande ; il t’inftruit par ma voixQu’il a choifi ton bras pour la mort de Valois :Heureux fi tu pouvais, confommant fa vengeance,Joindre le Navarrois au tyran de la France ;
Et fi de ces deux rois tes citoyens fauvesTe pouvaient!... mais les temps ne font pas arrivés.Bourbon doit vivre encor ; le Dieu qu’il perfécuteRéferve à d’autres mains la gloire de fa chute.
Toi, de ce Dieu jaloux remplis les grands deffeins,Et reçois ce préfent qu’il te fait par mes mains.
Le fantôme à ces mots fait briller une épée,Qu’aux infernales eaux la haine avait trempée ;
La Henriade. H