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Tome dixième
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12 t

CHANT CINQUIEME.

Au bruit de fon trépas Paris fe livre en proieAux tranfports odieux de fa coupable joie ;

De cent cris de victoire ils rempliffent les airs:

Les travaux font ceffés, les temples font ouverts;

De couronnes de fleurs ils ont paré leurs têtes ;

Us confacrent ce jour à d’éternelles fêtes, (e)Bourbon n’eft à leurs yeux qu’un héros fans appui,Qui n’a plus que fa gloire et fa valeur pour lui.Pourra-t-il réfifter à la ligue affermie,

A l’Eglife en courroux, à l’Efpagne ennemie,

Aux traits du Vatican fi craints , fi dangereux,

A l’or du nouveau monde, encor plus puiffant qu’eux?

Déjà quelques guerriers, funeftes politiques,

Plus mauvais citoyens que zélés catholiques,

D’un fcrupule affecté colorant leur deffein,

Séparent leurs drapeaux des drapeaux de Calvin ;Mais le refte, enflammé d’une ardeur plus fidèle,Pour la caufe des rois redouble encor fon zèle.

Ces amis éprouvés, ces généreux foldats,

Que long-temps la victoire a conduits fur fes pas,De la France incertaine ont reconnu le maître;

Tout leur camp réuni le croit digne de l’être.

Ces braves chevaliers, les Givris , les d’Aumonts,

Les grands Montmorencis, les Sancis , les Crillons,Lui jurent de le fuivre aux deux bouts de la terre:Moins faits pour difputer que formés pour la guerre ,Fidèles à leur Dieu , fidèles à leurs lois,

C’eft l’honneur qui leur parlq^ ils marchent à fa voix.

Mes amis , dit Bourbon , c’eft: vous dont le courageDes héros de mon fang me rendra l’héritage ;

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