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LA HENRIADE.
PARMI ce bruit confus de plaintes , de clameurs,Henri, vous répandiez de véritables pleurs.
Il fut votre ennemi; mais les cœurs nés fenfiblesSont aifément émus dans ces momens horribles.
Henri ne fe fouvint que de fon amitié;
En vain fon intérêt combattait fa pitié ;
Ce héros vertueux fe cachait à.lui-mêmeQue la mort de fon roi lui donne un diadème.
Valois tourna fur lui, par un dernier effort,
Ses yeux appefantis qu’allait fermer la mort ;
Et touchant de fa main fes mains victorieufes :Retenez, lui dit-il, vos larmes généreufes;
L’univers indigné doit plaindre votre roi:
Vous, Bourbon, combattez, régnez, et vengez-moiJe meurs, et je vous laiffe, au milieu des orages,Affis fur un écueil couvert de mes naufrages.
Mon trône vous attend, mon trône'vous eft dû;Jouiffez de ce bien par vos mains défendu:
Mais fongez que la foudre en tout temps l’environne;Craignez en y montant ce Dieu qui vous le donne.Puilïiez-vous, détrompé d’un dogme criminel,Rétablir de vos mains fon culte et fon autel!
Adieu, régnez heureux; qu’un plus puiffant génieDu fer des affafiins défende votre vie.
Vous connaiffez la ligue, et vous voyez fes coups,Ils ont paffé par moi pour aller jufqu’à vous ;Peut-être un jour viendra qu’une main plus barbare...Julie Ciel! épargnez une vertu li rare.
Permettez!.A ces mots l’impitoyable mort
Vient (12) fondre fur fa tête et termine fon fort.