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Tome dixième
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NOTES

dans fes réglemens fur les manufactures , on érigea en loi ce quin'etait que l’avis des fabricans habiles fur la manière de fabriquer,et on fournit à des peines corporelles et infamantes les ouvriers qui nefe conformeraient pas à ces opinions. Enfin CAb.rt n’ayant plus d’c.^pé-diens, imagina de faire une operation fur les petites monnaies, cthlefoumettre a des droits les denrées qui ferment à la üibfiftance du petitpeuple de Paris . Il mourut ; et ion enterrement fut troublé par lapopulace que ces dernières opérations avaient révoltée , et qui voulaitdéchirer fon corps.

Tel fut Colbert ; et nous n’avons rien dit qui ne foit prouvé , 'ou parPhifloire , ou par la fuite même de fes lois : comment donc cet hommeeut-il une fi grande réputation? comment M. de Voltaire, l'ami del’humanité , l’a -1- il appelé le premier des humains ? c’efl ce qui nous refieà expliquer.

Colbert établit de la régularité dans la recette des impôts et de l’ordredans les dépenfes. Cet ordre n’etait pas de l’économie , les citoyensétaient toujours vexés; mais les vexations étaient moins arbitraires.Les grands, les propriétaires riches étaient ménagés, le peuple fouffraitfeul, et fes cris, étouffés par une adminillration vigilante et rigourenfe,n’étaient pas entendus au milieu des fêtes de la cour.

La France , depuis les malheurs de François I jufqu’à la paix desPyrénées, avait été dans un état de trouble et de défaftre ; fes frontièresmenacées et envahies, les guerres de religion, les guerres des grandscontre Richelieu et Ma^arin , la puiffance (les feigneurs dans les provinces ;toutes ces caufes s’oppolaient également à Pinduftrie du cultivateur et Xcelle de l’artifan. Perfonne n’ofait et même ne pouvait faire d’avances,ni pour la culture, ni pour des entreprifes de manufactures. Le commerceextérieur n’avait pu s’établir; le commerce intérieur était languifïaïu.On commença.;! refpirer après la paix des Pyrénées ; les frontières étaienten fureté , la paix régnait dans l'intérieur des provinces.

L’autorité du roi ne fouffrait plus de partage , et les vexationsparticulières ceffèrent d’être à craindre. Plus la nation avait été épuifée,plus fes progrès durent être rapides ; et il était naturel qu’on attribuât àColbert ce qui était l’ouvrage des circonflances.

Colbert parut avoir encouragé le commerce et les manufactures, parcequ'il fit beaucoup de lois fur ces objets, et qu’on lifait dans ie préambulequ’elles avaient pour objet de favorifer le commerce et les manufactures.

La France n’avait jamais eu de marine ; elle en eut une fous Colbert ,non que ce miniftre eût des connaiffances dans la marine ; mais ildépenfa beaucoup, et il eut le bonheur de trouver des officiers de merhabiles, audacieux et entreprenons.

Plufieurs Français tentèrent des établiiTemens dans les deux Indes;et tantôt en les encourageant, tantôt en profitant de leur ruine, Colbert parvint à établir quelques colonies , qui, bien que faibles et maladminiftrées, parafaient aux yeux des Français , alors peu inftruits,avoir augmenté leur puiffance et leurs richeiles.

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