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Tome dixième
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Db CHANT SEPTIEME

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Enfin Colbert , en favorifant les beaux arts, en protégeantes gens delettres, fe fit des partifans qui célébrèrent fes louanges. Laperfécution qu’ilfufeita contre St Evremond , Texclulion des grâces de la cour » par laquellela Fontaine fut puni.de fon attachement pour Fouquet , la dureté de Colbert envers CharlesPerrault^on injuftice à l’égard de CharlcsP atin, annonçaientune ame étroite et dure, peu fenfible aux arts » et feulement frappée de lavanité de les protéger : mais à peine ces petitefles furent-elles remarquées ;l’académie des fciences établie, des grands voyages utiles auxfciences.entrepris aux frais du roi,l’obfervatoire conftruit, iubjuguèrent les efprits.

Colbert mourut, et fes fucceffeurs le firent regretter. Ils n’eurent pasd’autres principes d’adminiftration ; ils augmentèrent les impôts , etparurent moins occupés encore du bonheur du peuple. Les manufactu-res, le commerce, furent aufii mal adminiftrés et moins encouragés. Lamarine tomba; la première guerre qui fuivit fa mort fut mêlée de revers,et la fécondé fut malheureufe.

Enfin, plus Louvois était haï, plus Colbert , fon rival, gagnait dansl’opinion ; fa conduite envers Fouquet îxtt prefque oubliée ; on lui pardonnaune fortune immenfe etlefafte defamaifonde Sceaux , en les comparant àla fortune fcandaleufe d’ Emeri, aux prodigalités d tFouquet^et aux richeffesdes traitans de la guerre de la fuccefiion.

A la mort de Louis XIV laxéputation de Colbert augmenta encore; lesprincipes del’adminiftration des finances, du commerce et des manufactu-res étaient inconnus ; etlorlqu’on commença en France à s’occuper de cesobjets, ce fut pour adopter fur ces matières l’opinion de Colbert .

On fe plaignait de n’avoir plus de marine , et fous lui la marine avaitété floriffante.

On regrettait la magnificence de la cour de Louis XIV . On fentait lesmaux qu’avait caufés la rigueur exercée contre les proteftans, et Toncroyait que Colbert les avait protégés; on était dégoûté de la guerre, etColbert paflait pour s’être oppofé à la guerre.

Les depenfes excelfives qu’il fefait pendant la paix, poür fatisfaire legoût de LouisXIV , parafaient des moyens de faire fleurir dans l’Etat lesarts de luxe, d’animerles manufactures, de rendre les étrangers tributairesde notre induftHc.

Ce n’était pas après les opérations de L&w , et le hautement exceffif desmonnaies, qu’on pouvait reprocher à Colbert les retranchemens des renteset une faible augmentation dans la valeur du marc d’argent.

M. de Voltaire trouva donc la réputation de Colbert établie, et il fuivitl’opinion de fon fiècle : on ne peut lui en faire un reproche. Ce quidans un homme occupé d’études politiques ferait une preuve d’ignorance,ou d’un penchant fecret pour des principes oppreffeurs, n’eft qu’une erreurtrès-pardonnable dans un écrivain qui a cru pouvoir s’en rapporter àl’opinion des hommes les plus éclairés de l'époque où il écrivait; etlorfque

La Her.riadc. R