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naiffent les deux grands reproches que l’on fait àHomère : on lui impute l’extravagance de fes dieuxet la groffièreté de fes héros. C’eft reprocher à unpeintre d’avoir donné à fes figures les habillemensde fon temps. Homère a peint les Dieux tels qu’onles croyait, et les hommes tels qu’ils étaient. Cen’eft pas un grand mérite de trouver de l’abfurditédans la théologie païenne ; mais il faudrait être biendépourvu de goût pour ne pas aimer certaines fablesd’Homère . Si l’idée des trois Grâces qui doiventtoujours accompagner la Déeffe de la beauté, fi laceinture de Vénus font de fon invention , quelleslouanges ne lui doit-on pas pour avoir ainfi ornécette religion que nous lui reprochons ? Et fi cesfables étaient déjà reçues avant lui , peut-onméprifer un fiècle qui avait trouvé des allégoriesfi juftes et fi charmantes?
Quant à ce qu’on appelle groffièreté dans leshéros d’Homère , on peut rire tant qu’on voudra devoir Patrocle , au neuvième livre de l’Iliade , mettretrois gigots de mouton dans une marmite , allumeret fouffler le feu, et préparer le dîner avec Achille ;Achille et Patrocle n’en font pas moins éclatans.Charles XII roi de Suède , a fait fix mois fa cuifineà Demir-Tocca, fans perdre rien de fon héroïfme :et la plupart de nos généraux, qui portent dans uncamp tout le luxe d’une cour efféminée, auront biende la peine à égaler ces héros qui fefaient leur cui-fine eux - mêmes. On peut fe moquer de la princeffeNau/îca qui, fuivie de toutes fes femmes , va laverfes robes et celles du roi et de la reine. On peuttrouver ridicule que les filles d ’AuguJle aient filé les