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Tome douzième
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TROISIEME DISCOURS,

Convives dégoûtés, l’aliment le plus doux,

Aigri par votre bile , eft un poifon pour vous.

O vous qui de l’honneur entrez dans la carrière,Cette route à vous feul appartient-elle entière?

N'y pouvez-vous fouffrir les pas d’un concurrent?Voulez-vous reffembler à ces rois d’Orient,

Oui de l’Afie efclave oppreffeurs arbitraires,

Penfent ne bien régner qu’en étranglant leurs frères?

Lorfqu’aux jeux du théâtre, écueil de tant d’efpritsUne affiche nouvelle entraîne tout Paris ;

Quand Dufrefne {b) et Gaudin, d’une voix attendrie,,vont parler Orofinane, Alzire, Zénobie ,

Le fpectateur content, qu’un beau trait vient faifir,Laille couler des pleurs, enfans de fon plaifir;

Rutus dëfefpéré , que ce pîaifir outrage,

Pleure auffi dans un coin; mais fes pleurs font de rage.

lie bien, pauvre affligé, fi ce fragile honneur,

Si ce bonheur d’un autre a déchiré ton cœur,

Mets du moins à profit le chagrin qui t’anime:

Mérite un tel fuccès, compofe, efface, lime.

Le public applaudit aux vers du Glorieux •,

Eft-ce un affront pour toi? courage , écris, fais mieuxMais garde-toi fur-tout, fi tu crains les critiques,D’envoyer à Paris tes Aïeux chimériques: (c)

Ne fais plus grimacer tes odieux portraitsSous des crayons groffiers, pillés chez Rabelais .

Tôt ou tard on condamne un rimeur fatirique,Dont la moderne mufe emprunte un air gothique,

Et dans un vers forcé , que furcharge un vieux mot,Couvre fon peu d’efprit des phrafes de Marot. (d)

Ce jargon dans un conte eft encor fupportable ;

Mais le vrai veut un air, un ton plus refpectable.