TROISIEME DISCOURS.
a.6
Oui vend au plus offrant fon encre et fes fureurs;Méprifabie en fon goût, déteftable en fes moeurs;Médifant, qui fe plaint des brocards qu’il effuie ;Satirique ennuyeux , difant que tout l’ennuie ;
Criant que le «bon goût s’eii perdu dans Paris ,
Et le prouvant très-bien , du moins par fes écrits, (û)On peut à Defpréaux pardonner la fatire ;
13 joignit l’art de plaire au malheur de médire.
Le miel que cette abeille avait tiré des fleursPouvait de fa piqûre adoucir les douleurs.
Mais pour un lourd frélon , méchamment imbécile,
Qui vit du mal qu’il fait, et nuit fans être utile,
On écrafe à plaifir cet infecte orgueilleux,
Qui fatigue l’oreille , et qui choque les yeux.
Quelle était votre erreur, û vous, peintres vulgaires!Vous , rivaux clandeilins , dont les mains téméraires,Dans ce cloître où Bruno femble encor refpirer,
Par une lâche envie ont pu défigurer ( i)
Du Zeuxis des Français les favantes peintures?L’honneur de fon pinceau s’accrut par vos injures :
Ces lambeaux déchirés en font plus précieux;
Ces traits en font plus beaux, et vous plus odieux.Dételions à jamais un fi dangereux vice. ( k )
Ah ! qu'il nous faut chérir c’e trait plein de juftice ,D’un critique modefte, et d’un vrai bel efprit,
Oui, lorfque Richelieu follement entrepritDe rabaifTer du Cid la naiflante merveille,
Tandis que Chapelain ofait juger Corneille .
Chargé de condamner cet ouvrage imparfait,
Dit, pour tout jugement : Je voudrais l’avoir fait : (/)C’eft ainfi qu’un grand cœur fait penfer d’un grand homme.A la voix de Colbert, Bernini vint de Rome ;