AVIS DE L’EDITEUR.
J’A i cru rendre fervice aux amateurs des belles-lettres de publier une tragédie du Fanatifme, fidéfigurée en France par deux éditions fubreptices.Je fais très-certainement qu’elle fut compofée parl’auteur en 1736, et que dès-lors il en envoyaune copie au prince royal, depuis roi de Prulïe,qui cultivait les lettres avec des fuccès furprenans,et qui en fait encore fon délaffement principal.
J’étais à Lille en 1741, quand M. de Voltairey vint paffer quelques jours ; il y avait la meilleuretroupe d’acteurs qui ait jamais été en province.Elle repréfenta cet ouvrage d’une manière quifatisfit beaucoup une très-nombreufe affemblée:le gouverneur de la province et l’intendant yaffif-tèrentplufieurs fois. On trouva que.cette pièce étaitd’un goût fi nouveau, et ce fujet fi délicat paruttraité avec tant de fagelfe, que plufieurs prélatsvoulurent en voir une repréfentation par les mêmesacteurs dans une maifon particulière. Ils en jugèrentcomme le public.
L’auteur fut encore allez heureux pour faire par-venir fon manuferit entre les mains d’un des premiershommes de l’Europe et de l’Eglife [a ], qui fùutenaitle poids des affaires avec fermeté, et qui jugeait desouvrages d’efprit avec un goût très-für, dans unâge où les hommes parviennent rarement, et oùl’on conferve encore plus rarement fon efp.rit et fadélicateffe. 11 dit que la pièce était écrite avec toute