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Tome troisième
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AVIS DE L’EDITEUR.

la circonfpection convenable, et qu’on ne pouvaitéviter plus fagement les écueils du fujet; mais quepour ce qui regardait la poéfie, il y avait encore deschoies à corriger. Je fais en effet que l’auteur lesa retouchées avec beaucoup de foin. Ce fut auffilefentiment d’un homme qui tient le même rang, etqui n’a pas moins de lumières.

Enfin, l’ouvrage, approuvé d’ailleurs félon toutesles formes ordinaires, fut repréfenté à Paris le 9d’aoùt 1742. Il y avait une loge entière rempliedes premiers magiftrats de cette ville; des miniftresmême y furent préfens. Ils penfèrent tous commeles hommes éclairés que j’ai déjà cités.

Il fe trouva ( b ) à cette première repréfentationquelques perfonnes qui ne furent pas de ce fentimentunanime. Soit que dans la rapidité de la repréfen-tation ils n’euffent pas fuivi allez le fil de l’ouvrage ;foit qu’ils fuffent peu accoutumés au théâtre, ilsfurent bleffés que Mahomet ordonnât un meurtre,etfe fervîtde fa religion pour encourager à l’alfaffi-nat un jeune homme qu’il fait l’inftrument de foncrime. Ces perfonnes, frappées de cette atrocité,ne firent pas allez réflexion qu’elle eft donnée dans lapièce comme le plus horrible de tous les crimes, etque même il eft moralement impofïible qu’elle puiffeêtre donnée autrement. En un mot, ils ne virentqu’un côté; ce qui eft la manière la plus ordi-naire de fe tromper. Ils avaient raifon affurément

(b) l.e fait eft que l’abbé des Fontaines et quelques hommes auflimédians que lui dénoncèrent cet ouvrage comme fcamlalenx et impie;et cela fit tant de bruit, que le cardinal de Fleuri , premier miniftre, quiavait lu et approuvé la pièce,, fut obligé de confeiller à l’auteur de laretirer.