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Tome troisième
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AVIS DE L’EDITEUR.

perfécution et du fanatifme. Y a-t-il un bon citoyenqui n’adopte toutes les maximes de la Henriade?Ce poème ne fait-il pas aimer la véritable vertu?Mahomet me paraît écrit entièrement dans le mêmeefprit, et je fuis perfuadé que fes plus grandsennemis en conviendront.

Il vit bientôt qu’il fe formait contre lui unecabale dangereufe : les plus ardens avaient parlé àdes hommes en place , qui, ne pouvant voir larepréfentation de la pièce , devaient les en croire.L’illuftre Molière , la gloire de la France, s’étaittrouvé autrefois à peu près dans le même cas ,lorfqu’on joua le Tartuffe ; il eut recours directe-ment à Louis le grand, dont il était connu et aimé.L’autorité de ce Monarque diffipa bientôt les inter-prétations finiftres qu’on donnait au Tartuffe .Mais les temps font différens ; la protection qu’onaccorde à des arts tout nouveaux , ne peut pas êtretoujours la même, après que ces arts ont étélong-temps cultivés. D’ailleurs, tel artifte n’eft pasà portée d’obtenir ce qu’un autre a eu aifément.Il eût fallu des mouvemens, des difcuffions, unnouvel examen. L’auteur jugea plus à propos deretirer fa pièce lui-même , après la troilième repré-fentation , attendant que le temps adoucît quelquesefprits prévenus ; ce qui ne peut manquer d’arriverdans une nation auffi fpirituelle et aulïi éclairéeque la françaife (c). On mit dans les nouvelles

(c) Ce que l’éditeur femblait efpérer eu 1742 eft arrivé eu 17ÇI.I.a pièce fut repréfentée alors avec un prodigieux concours. Les cabaleset les perfécutions cédèrent au cri public , d’autant plus qu’on commençaità fentir quelque honte d’avoir forcé à quitter fa patrie un homme quitravaillait pour elle.