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Tome troisième
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ACTE SECOND.

155

ACTE IL

SCENE PREMIERE.

SEIDE, PAL MIRE.

F A L M I K E.

D ANS ma prifon cruelle eft-ce un dieu qui te guide?Mes maux font-ils finis? te revois-je, Séide!SEIDE.

O charme de ma vie et de tous mes malheurs!

Palmire, unique objet qui m’a coûté des pleurs,

Depuis ce jour de fang, qu’un ennemi barbare,

Près des camps du prophète , aux bords dy Saïbare ,Vint arracher fa proie à mes bras tout fanglans ;Qu’étendu loin de toi fur des corps expirans,

Mes cris, mal entendus fur cette infâme rive,Invoquèrent la mort lourde à ma voix plaintive !

O ma chère Palmire, en quel gouffre d’horreurTes périls et ma perte ont abymé mon cœur!

Que mes feux, que ma crainte et mon impatienceAccufaient la lenteur des jours de la vengeance !

Que je hâtais l’affaut fi long-temps différé,

Cette heure de carnage, où, de fang enivré,

Je devais de mes mains brûler la ville impieOù Palmire a pleuré fa liberté ravie !

Enfin de Mahomet les fublimes deffeins,

Que n’ofe approfondir l'humble efprit des humains,

Ont fait entrer Omar en ce lieu d’efclavage ;

Je l’apprends, et j’y vole. On demande un otage ;