!5 4
LE FANATISME.
Son armée eft encore aux bords du Saïbare,
Des murs où' je fuis né le fiége fe prépare ;
Sauvons, fi tu m’en crois, le fang qui va couler:Mahomet veut ici te voir et te parler.
Z O P I R E.
Lui? Mahomet?
o M A R.
Lui-même; il t’en conjure,
z o p x R E.
Traître !
\
Si de ces lieux facrés j’étais l’unique maître,
C’eft en te puniffant que Saurais répondu.
OMAR.
Zopire, j’ai pitié de ta fauffe vertu;
Mais puifqu’un vil fénat infolemment partageDe ton gouvernement le fragile avantage,
Puifqu’il règne avec toi , je cours m’y préfenter.ZOPIRE.
Je t’y fuis, nous verrons qui l’on doit écouter.
Je défendrai mes lois, mes dieux et ma patrie.Viens-y contre ma voix prêter ta voix impieAu Dieu perfécuteur, effroi du genre humain,Qu’un fourbe ofe annoncer, les armes à la main.
( à Phanor. )
Toi, viens m’aider, Phanor, à repoufler un traître;Le fouffrir parmi nous, et l’épargner, c’efl: l’être.Renverfons fes deffeins, confondons fon orgueil,Préparons fon fupplice , ou creufons mon cercueil.Je vais, fi le fénat m’écoute et me fécondé,Délivrer d’un tyran ma patrie et le monde.
Fin du premier acte.