ACTE TROISIEME.
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MAHOMET.
Le fang du meurtrier que Mahomet abhorre,
Qui nous perfécuta, qui nous pourfuit encore,
Qui combattit mon dieu, qui maffacra mon fils 5Le fang du plus cruel de tous nos ennemis :
De Zopire.
SEIDE.
De lui ! quoi mon bras...MAHOMET .
Téméraire,
On devient facrilége alors qu’on délibère.
Loin de moi les mortels allez audacieuxPour juger par eux-même, et pour voir par leurs yeux.Quiconque ofe penfer n’eft pas né pour me croire. -Obéir en filence eft votre feule gloire.
Savez-vous qui je fuis? Savez-vous en quels lieuxMa voix vous a chargé des volontés des deux ?
Si, malgré fes erreurs et fon idolâtrie,
Des peuples d’Orient la Mecque eft la patrie ;
Si ce temple du monde eft promis à ma loi,
Si Dieu m’en a créé le pontife et le roi ;
Si la Mecque eft facrée, en favez-vous la càufe?Ibrahim y naquit, et fa cendre y repofe : (2)Ibrahim, dont le bras docile à l’EternelTraîna fon fils unique aux marches de l'autel,Etouffant pour fon dieu les cris de la nature.
Et quand ce dieu par vous veut venger fon injure,Quand je demande un fang à lui feul adreffé,
Quand Dieu vous a choifi, vous avez balancé !Allez, vil idolâtre, et né pour toujours l’être,Indigne mufulman, cherchez un autre maître.
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