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Tome troisième
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iSz LE FANATISME.

SEIDE.

Que ce langage eft cher à mon cœur combattu !L’ennemi de mon dieu connaît donc la vertu !

Z O P I R E.

Tu la connais bien peu, puifque tu t’en étonnes. (4)Mon fils, à quelle erreur hélas tu t’abandonnes !

Ton efprit, fafciné par les lois d’un tyran,

Penfe que tout eft crime hors d’être mufulman,Cruellement docile aux leçons de ton maître,

Tu m’avais en horreur avant de me connaître ;

Avec un joug de fer, un affreux préjugéTient ton cœur innocent dans le piège engagé.

Je pardonne aux erreurs où Mahomet t’entraîne.

Mais peux-tu croire un dieu qui commande la haine ?SEIDE.

Ah! je fens qu’à ce dieu je vais défobéir ;

Non, Seigneur, non, mon cœur ne l'aurait vous haïr.Z O P I R E.

Hélas ! plus je lui parle, et plus il m’intéreffe ;

Son âge, fa candeur, ont furpris ma tendreffe.

Se peut-il qu’un foldat de ce mqnftre impofteurAit trouvé malgré lui le chemin de mon cœur?

Quel es-tu? de quel fang les dieux t’ont-ils fait naître?SEIDE.

Je n’ai point de parens, Seigneur, je n’ai qu’un maître,Que jufqu’à ce moment j’avais toujours fervi,

Mais qu’en vous écoutant ma faibleffe a trahi,

Z O P I R E.

Quoi ! tu ne connais point de qui tu tiens la vie ?SEIDE.

Son camp fut mon berceau, fon temple eft ma patrie :