Elle m’eft enlevée.... Ah! trop chère victime!
Je me vois arracher le feul prix de mon crime.
De fes jours pleins d’appas déteftable ennemi,Vainqueur et tout-puiffant, c’eft moi qui fuis puni.Il eft donc des remords! ô fureur! ô juftice !
Mes forfaits dans mon cœur ont donc mis mon fuppliceDieu que j’ai fait fervir au malheur des humains,Adorable infiniment de mes affreux deffeins,
Toi que j’ai blafphémé, mais que je crains encore,Je me fens condamné, quand l’univers m’adore.
Je brave en vain les traits dont je me fens frapper.J’ai trompé les mortels, et ne puis me tromper.Père, enfans malheureux, immolés à ma rage,Vengez la terre et vous, et le ciel que j’outrage.Arrachez-moi ce jour, et ce perRde cœur,
Ce cœur né pour haïr, qui brûle avec fureur.
Et toi, de tant de honte étouffe la mémoire;
Cache au moins ma faibleffe, et fauve encor ma gloireJe dois régir en dieu l’univers prévenu;
Mon empire eft détruit fi l’homme eft reconnu.
Fin du cinquième et dernier acte.