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Tome troisième
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218 LETTRE DU P. TOURNEMINE,

pathétique d’Euripide . ]VL de Voltaire a confervé lafimplici.té du fujet; il l’a débarraffé non - feulementd’épifodts fuperflus, mais encore de fcènes inutiles.Le péril d’EejiJlhe occupe feul le théâtre. L’intérêtcroît de fcène en fcène jufqu’au dénouement, dontla furprife eft ménagée, préparée avec beaucoupd’art. On l’attend du petit-fils d 'Alcide. Tout fepaffe fur le théâtre comme il fe paffa dans Meffène.Les coups de théâtre ne font point des fituationsforcées, dont le merveilleux choque la vraifem-blance : ils naifl'ent du fujet; c’eft l’événementhiftorique vivement repréfenté. Peut-on n’être pastouché, enlevé, dans la fcène où Narbas arriveau moment que Mérope va immoler fon fils quellecroit venger? dans la fcène où elle ne peut fauverfon fils d’une mort inévitable qu’en le fefant con-naître au tyran ? Le cinquième acte égale ou furpaffele peu de cinquièmes actes excellens qu’on a vus furle théâtre. Tout fe paffe hors du théâtre ; etl'auteuratranfporté, cefembie, toute l’action fur le théâtreavec un art admirable. La narration d ’Ifmcnic n’eftpas de ces narrations étudiées, hors d’œuvre, oùl’efprit brille à contre-temps, qui ralentiffent l’action,qui dégénèrent en fadeur ; elle eft toute action. Letrouble d'ifmc'nie peint le tumulte qu’elle raconte.Je ne parle point de la verfincation ; le poète,admirable verfificateur, s'eft furpaffe ; jamais faverfification ne fut plus belle et plus claire. Tousceux qu’un zèle raifonnable anime contre la cor-ruption des mœurs , qui fouhaitent la réformationdu théâtre, qui voudraient qu’imitateurs exacts desGrecs, que nous avons furpaffés dans plufieurs