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Tome troisième
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AU PERE B RU MO Y.

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perfections de la poéfxe dramatique, nous euffionsplus de foin d'atteindre à fa véritable fin , de rendrele théâtre, comme il peut l’être, une école desmœurs : tous ceux qui penfent fi raifonnablementdoivent être charmés de voir un auffi grand poète,un poète auffi accrédité que le fameux Voltaire ,donner une tragédie fans amour. (*)

Il n’a point hafardé imprudemment une entreprifefi utile ; aux fentimens de l’amour , il fubftitue desfentimens vertueux qui n’ont pas moins de force.Quelque prévenu qu’on foit pour les tragédies dontl’amour forme l’intrigue, il eft cependant vrai,(et nous l’avons fouvent remarqué) que les tragédiesqui ont le plus réuffi ne doivent pas leurs fuccèsaux fcènes amoureufes. Au contraire, tous lesconnaiffeurs habiles foutiennent que la galanterieromanefque a dégradé notre théâtre, et auffi nosmeilleurs poètes. Le grand Corneille l’a fenti, ilfondrait avec peine la fervitude où le réduifait lemauvais goût dominant: n’ofant encore bannir duthéâtre l’amour, il en a banni l’amour heureux ;il ne lui a permis ni baffeffe ni faibleffe ; il l’a élevéjufqu’à l’héroïfme, aimant mieux paffer le naturel,que de s’abaiffer à un naturel trop tendre etcontagieux.

Voilà, mon révérend Père, le jugement quevotre illuftre ami demande; je l’ai écrit à la hâte,c’eft une preuve de ma déférence; mais l’amitié

(*) La première édition avait pour épigraphe:Legite hoc aufleri ; crimen amoris abeft ,