LETTRE
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en France , et qu’il y aurait beaucoup plus de faibleffeque de force à éluder un joug qu’ont porté les auteursde tant d’ouvrages qui dureront autant que la nationfrançaife. Notre poéfie 11’a aucune des libertés de lavôtre, et c’eft peut-être une des raifonspour lefquellesles Italiens nous ont précédé de plus de trois fièclesdans cet artfi aimable etfi difficile.
Je voudrais , Moniteur, pouvoir vous fuivre dansvos autres connailfances , comme j’ai eule bonheurde vous imiter dans la tragédie. Que n’ai-je pu meformer fur votre goût dans la fcience de l’hiftoire ;non pas dans cette fcience vague et ftérile des faits etdes dates, qui fe borne à favoir en quel temps mou-rut un homme inutile ou funefte au monde , fcienceuniquement de dictionnaire , qui chargerait lamémoire fans éclairer l’efprit ! Je veux parler decette hiftoire de l’efprit humain , qui apprend àconnaître les mœurs , qui nous trace , de faute enfaute et de préjugé en préjugé , les effets des pallionsdes hommes , qui nous fait voir ce que l’ignorance ,on un favoir mal entendu , ont caufé de maux, etqui fuit furtoutle fil du progrès des arts, à traversce choc effroyable de tant de puiffances , et cebouleverfement de tant d’empires.
C’eft par-là que l’hiftoire m’eft précieufe , et elleme le devient davantage par la place que vous tien-drez parmi ceux qui ont donné de nouveaux plaifirset de nouvelles lumières aux hommes. La poltéritéapprendra avec émulation que votre patrie vous arendu les honneurs les plus rares, et que Vérone vous a élevé une ftatue , avec cette infcription , AUMAR&UIS SCIPION MAFFEI VIVANTiinfcription auffi