ACTE PREMIER.
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En vain, dans ce palais, où la féditionRemplirait tout d’horreur et de confufion,
Ma fortune a permis qu’un voile heureux et fombreCouvrît mes attentats du fecret de fon ombre :
En vain, du fang des rois, dont je fuis l’oppreffeur,Les peuples abufés m’ont cru le défenfeur :
Nous touchons au moment où mon fort fe décide.
S’il refte un rejeton de la race d’Alcide,
Si ce fils, tant pleuré, dans Meffène eft produit,
De quinze ans de travaux j’ai perdu tout le fruit.Crois-moi, ces préjugés de fang et de nailfanceRevivront dans les cœurs, y prendront fa défenfe.
Le fouvenir du père, et cent rois pour aïeux,
Cet honneur prétendu d’être iffu de nos dieux;
Les cris, le défefpoir d’une mère éplorée,
Détruiront ma puiffance encor mal alfurée.
Egifthe eft l’ennemi dont il faut triompher.
Jadis dans fon berceau je voulus l’étouffer.
De Narbas à mes yeux l’adroite diligenceAux mains qui me fervaient arracha fon enfance :Narbas, depuis ce temps, errant loin de ces bords,A bravé ma recherche, a trompé mes efforts.
J’arrêtai fes couriers ; ma jufte prévoyanceDe Mérope et de lui rompit l’intelligence.
Mais je connais le fort, il peut fe démentir;
De la nuit du filence un fecret peut fortir ;
Et des dieux quelquefois la longue patience
Fait fur nous à pas lents defcendre la vengeance, (i)
E R O X.
Ah! livrez-vous fans crainte à vos heureux deftins.La prudence eft le dieu qui veille r vos deffeins.Théâtre. Tom. III. R