DISSERTATION
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pièces, tout écrites qu’elles font dans le fein d’unemonarchie.
Les modernes ont encore, plus fréquemment queles Grecs, imaginé des fujets de pure invention.Nous eûmes beaucoup de ces ouvrages, du temps ducardinal de Richelieu ,• c’étaitfon goût, ainfi que celuides Efpagnols : il aimait qu’on cherchât d’abord àpeindre des mœurs et à arranger une intrigue, etqu’enfuite on donnât des noms aux perfonnages,comme on en ufe dans la comédie ; c’eft ainfi qu’iltravaillait lui-même, quand ii voulait fe délafferdu poids du miniftère. Le Venceslas de Rotrou eftentièrement dans ce goût, et toute cette hiftoire eftfabulenfe. Mais l’auteur voulut peindre un jeunehomme fougueux dans fes pallionsavec un mélangede bonnes et de mauvaifes qualités ; un père tendreet faible, et il a réuffi dans quelques parties defonouvrage. Le Cid et Héradius, tirés des Efpagnols, fontencore des fujets feints : il eft bien vrai qu’il y a eu unempereur nommé Hcraclius, un capitaine efpagnolqui eut le nom de Cid } mais prefqu’aucune desaventures qu’on leur attribue n’eft véritable. Dan?Zaïre et dans Alzire, ft j’ofe en parler, et je n’enparle que pour donner des exemples connus , touteft feint jufqu’aux noms. Je ne conçois pas , aprèscela, comment le père Brumoy a pu dire dans fonthéâtre des Grecs que la tragédie ne peut fôuffrirde fujets feints, et que jamais on ne prit cette libertédans Athènes . Il s’épuife à chercher la raifon d’unechofe qui n’eft pas. ,, Je crois en trouver une raifon,,, dit-il, dans la nature de l’efprit humain : il n’y a,, que la vraifemblance dont il puiffe être touché.
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