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DISSERTATION
■On a voulu donner dans Sémiramis Un fpectacleencore plus pathétique que dans Mérope ; on y adéployé tout l’appareil de l’ancien théâtre grec. Ilferait trifte, après que nos grands maîtres ontfurpafféles Grecs en tant de chofes dans la tragédie, quenotre nation ne pût les égaler dans la dignité de leursrepréfentations. Un des plus grands obftacles quis’oppofent fur notre théâtre à toute action grandeet pathétique eft la foule des fpectateurs, confonduefur la fcène avec les acteurs : cette indécence fe fitientir particulièrement à la première repréfentationde Sémiramis. La principale actrice de Londres , quiétait préfente à Ce fpectacle, ne revenait point de fonétonnement : elle ne pouvait concevoir comment ily avait des hommes affez ennemis de leurs plailirs,pour gâter ainfi le fpectacle fans en jouir. Cet abusa été corrigé dans la fuite aux repréfentations deSémiramis,et il pourrait aifément être fupprimé pourjamais. Il ne faut pas s’y méprendre; un inconvé-nient, tel que celui-là feul, a fuffi pour priver laFrance de beaucoup de chefs-d’œuvre qu’on auraitfans doute hafardés , fi on avait eu un théâtre libre,propre pour l’action, et tel qu’il eft chez toutes lesautres nations de l’Europe .
Mais ce grand défaut n’eft pas affurément le feulqui doive être corrigé. Je ne puis affez m’étonner nime plaindre du peu de foin qu’on a en France derendre les théâtres dignes des excellens ouvragesqu’on y repréfente, et de la nation qui en fait fesdélices. Cinna, Athalie méritaient d’être repréfentésailleurs que dans un jeu de paume , au bout duquelon a élevé quelques décorations du plus mauvais