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DISSÊltTATION
vu par les fpectateurs, puiffe ne l’être point par lesautres perfonnages félon le befoin. Il doit en impoferaux yeux, qu’il faut toujours féduire les premiers. Ildoit être fufceptible de la pompe la plusmajeftueufe.Tous les fpectateurs doivent voir et entendre égale-ment, en quelqu’endroit qu’ils foient placés. Com-ment cela peut-il s’exécuter fur une fcène étroite,au milieu d’une foule de jeunes gens qui laiffent àpeine dix pieds de place aux acteurs? De-là vientque la plupart des pièces ne font que de longuesconverfations ; toute action théâtrale eft fouventmanquée et ridicule. Cet abus fubfifte, comme tantd’autres, par la raifon qu’il eft établi, et parce qu’onjette rarement fa mail'on par terre , quoiqu’on fâchequ’elle eft mal tournée. Un abus public n’eft jamaiscorrigé qu’à la dernière extrémité. Au refte, quandje parle d’une action théâtrale, je parle d’un appareil,d’une cérémonie, d’une affemblée, d’un événementnéceffaire à la pièce, et non pas de ces vains fpectaclesplus puérils que pompeux, de ces relfources dudécorateur qui fuppléent à la ftérilité du poète, etqui amufent les yeux, quand on ne fait pas parleraux oreilles et à l’ame. J’ai vu à Londres une pièceoù l’on repréfentaitle çouronnementdu roi d’Angle-terre, dans toute l’exactitude poffible. Un chevalierarmé de toutes pièces entrait à cheval fur le théâtre.J’ai quelquefois entendu dire à des étrangers : Ah !le bel opéra que nous avons eu ! on y voyait paffer au galopplus de deux cents gardes. Ces gens-là ne favaient.pas que quatre beaux vers valent mieux dans unepièce qu’un régiment de cavalerie. Nous avons àParis une troupe comique étrangère qui, ayant