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Tome troisième
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DISSERTATION 1

côtés que l’on ne croit plus aux revenans , etque les apparitions des niorts ne peuvent être quepuériles aux yeux d’une nation éclairée. Quoi ! toutel’antiquité aura cru ces prodiges, et il ne fera paspermis de fe conformer à l’antiquité ? Quoi! notrereligion aura confacré ces coups extraordinaires dela Providence, et il ferait ridicule de les renouveler?

Les Romains philofophes ne croyaient pas auxrevenans du temps des Empereurs, et cependant lejeune Pompée évoque une ombre dans la Pharfale.Les Anglais ne croient pas affurément plus que lesRomains aux revenans ; cependant ils voient tousles jours avec plaiur, dans la tragédie d’Hamlet ,l’ombre d’un roi qui paraît fur le théâtre dans uneoccafion à peu près femblable à celle où l’on a vu àParis le fpectre de Minus. Je fuis bien loin affurémentde juftifier en tout la tragédie d’Hamlet ; c’eftunepièce groflière et barbare, qui neferaitpas fupportéeparla plus vile populace de la France et de l’Italie .Hamict y devient fou au fécond acte , et fa maîtreffedevient folle au troifième ; le prince tue le père defa maîtreffe feignant de tuer un rat, et l’héroïne fejette dans la rivière. On faitfafoffe furie théâtre ;des foffoyeurs difent des quolibets dignes d’eux, entenant dans leurs mains des têtes de morts ; le princeH amie f répond à leurs groffièretés abominables pardes folies non moins dégoûtantes. Pendant cetemps-là, un des acteurs fait o la conquête de laPologne . Hamict, fa mère et fon beau -père boiventenfemble fur le théâtre : on chante à table , on s’yquerelle , on fe bat, on fe tue ; on croirait que cetouvrage efl le fruit de l’imagination d’un fauvage