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Tome troisième
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SUR LA TRAGEDIE.

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prodige , le fpectateur fent la gêne où l’auteur s’eflmis, et la faibleffe de la reffource. Il ne voit qu’unécrivain qui fe tire mal - adroitement d’un mauvaispas. Plus d’illufion, plus d’intérêt.

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Quodcumque ojlendis mihi, fie incredulus odi.

Mais je fuppofe que l’auteur d’une tragédie fe fûtpropofé pour but d’avertir les hommes que DIEU punit quelquefois des grands crimes par des voiesextraordinaires ; je fuppofe que fa pièce fût con-duite avec un tel art, que le fpectateur attendît à toutmoment l’ombre d’un prince affalfmé, qui demandevengeance,fans que cette apparition fût une reffourceabfolument néceffaire à une intrigue embarraffée :je dis qu’alors ce prodige , bien ménagé, ferait untrès-grand effet en toute langue , en tout temps et entout pays.

Tel eft , à peu près , l’artifice de la tragédie deSémiramis, (aux beautés près, dont je n’ai pu l’orner.)On voit dès la première fcène que tout doitfe fairepar le miniftère célefte; tout roule d’acte en actefur cette idée. C’eft un dieu vengeur , qui infpire àSémiramis des remords qu’elle n’eût point eus dans fesprofpérités, fi les cris de Ninus même ne fuffent venusl’épouvanter au milieu de fa gloire. C’eft ce dieuqui fe fert de ces remords mêmes qu’il lui donne,pour préparer fon châtiment ; et c’eft: de-là mêmeque réfulte l’inftruction qu’on peut tirer de la pièce.Les anciens avaient fouventdans leurs ouvrages lebut d’établir quelque grande maxime ; ainfi Sophoclefinit fon-Oedipe en difant qu’il ne faut jamais