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Tome troisième
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ACTE PREMIER,

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Enfin , fi leur juftice emportait la balance,

Si la mort de Minus excitait leur vengeance ,

D’où vient qu’Affur ici brave en paix leur courroux?Affur fut en effet plus coupable que vous ;

Sa main , qui prépara le breuvage homicide,

Ne tremble point pourtant, et rien ne l’intimide.

S E M I R A M I S.

Nos deftins, nos devoirs étaient trop différens;

Plus les nœuds font facrés, plus les crimes font grands.Tétais époufe, Otane, et je fuis fans excufe.;

Devant les dieux vengeurs mon défefpoir m’accufe.J’avais cru que ces dieux juftement offenfés ,

En m’arrachant mon fils , m’avaient punie affez;

Que tant d’heureux travaux rendaient mon diadème,Ainfi qu’au monde entier, refpectable au ciel même.Mais depuis quelques mois, ce fpectre furieuxVient affliger mon cœur, mon oreille, mes yeux.

Je me traîne à la tombe, où je ne puis defcendre. ;

J’y révère de loin cette fatale cendre ;

Je l’invoque en tremblant: desfons, des cris affreux,De longs gémiffemens répondent à mes vœux.

D’un grand événement je me vois avertie,

Et peut-être il eft temps que le crime s’expie.

OTANE.

Mais eft-il affuré que ce fpectre fatalSoit en effet forti du féjour infernal?

Souvent de fes erreurs notre ame eft obfédée; (1)

De fon ouvrage même elle eft intimidée,

Croit voir ce qu’elle craint, et dans l’horreur des nuits,Voit enfin les objets qu’elle - même a produits.