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Tome troisième
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S EMIR A M J S.

SEMIRAMIS.

J

.Te l’ai vu ; ce n’eft point une erreur paffagère ,Qu’enfante du fommeil la vapeur menfongère;

Le fommeil, à mes yeux refufant fes douceurs,

N’a point fur mes efprits répandu fes erreurs.

Je veillais, je penfais au fort qui me menace,

Lorfqu’au bord de mon lit j’entends nommer Arzace.

Ce nom me raffurait : tu fais quel eft mon cœur.

Affur depuis un temps l’a pénétré d’horreur.

Je frémis quand il faut ménager mon complice:

Rougir devant fes yeux eft mon premier fupplice ;

Et je détefte en lui cet avantage affreux,

Oue lui donne un forfait qui nous unit tous deux.

Je voudrais... mais faut-il, dans l’état qui m’opprime,Par un crime nouveau punir fur lui mon crime?

Je demandais Arzace, afin de l’oppoferAu complice odieux qui penfe m’impofer;

Je m’occupais d’Arzace , et j’étais moins troublée.

Dans ces momens de paix, qui m’avaient confolée,

Ce miniftre de mort a reparu foudain

Tout dégouttant de fang, et le glaive à la main :

Je crois le voir encor, je crois encor l’entendre.

Vient-il pour me punir, vient-il pour me défendre?Arzace au moment même arrivait dans ma cour;

Le ciel à mon repos a réfervé ce jour:

Cependant toute en proie au trouble qui me tue,

Là paix ne rentre point dans mon ame abattue.

Je paffe à tout moment de l’efpoir à l’effroi.

Le fardeau de la vie eft trop pefant pour moi.

Mon trône m’importune, et ma gloire pafféeN’eft qu’un nouveau tourment de ma trille penfée.

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