ACTE PREMIER.
369
J’ai nourri mes chagrins, fans les manifefter;
Ma peur m’a fait rougir. J’ai craint de confulterCe Mage révéré, que chérit Babylone ;
D’avilir devant lui la majefté du trône,
De montrer une fois, en préfence du ciel,
Sémiramis tremblante aux regards d’un mortel.
Mais j’ai fait en fecret, moins fière ou plus hardie,Confu’ter Jupiter aux fables de Lybie ,
Comme fi loin de nous le dieu de l’univers ( 2 )
N'eût mis la vérité qu’au fond de ces déferts.
Le dieu qui s’elt caché dans cette fombre enceinte,A reçu dès long-temps mon hommage et ma crainte.J’ai comblé fes autels, et de dons, et d’encens.Répare-1-on le crime, hélas, par des préfens ?
De Memphis aujourdhui j’attends une réponfe.
SCENE FL
SEMIRAMIS, OTA NE, MITRANE.
M I T R A N E.
A uX portes du palais, en fecret on annonceUn prêtre de l’Egypte , arrivé de Memphis.
SEMIRAMIS.
Je verrai donc mes maux ou comblés ou finis.
Allons , cachons , furtout au relie de l’empire ,
Le trouble humiliant dont l’horreur me déchire,
Et qu’Arzace, à l’inftant à mon ordre rendu,
Puiffe apporter le calme à ce cœur éperdu.
Fin du premier acte.
Théâtre. Tom. III. A a