ACTE SECOND.
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Ambitieux efclave, et tyran tour à tour,
S’eft-il flatté de plaire, et connaît-il l’amour?
Des rois Affyriens comme lui defcendue,
Et plus près de ce trône, où je fuis attendue,
Il penfe, en m’immolant à fes fecrets delfeins,Appuyer de mes droits fes droits trop incertains.Pour moi fi Ninias, à qui, dès fa naiflance,
Ninus m’avait donnée aux jours de mon enfance;
Si l’héritier du fceptre à moi feulcpromis,
Voyait encor le jour près de Sémiramis ;
S’il me donnait fon cœur, avec le rang fuprême,J’en attelle l’amour, j’en jure par vous-même,Ninias me verrait préférer aujourd’huiUn exil avec vous, à ce trône avec lui.
Les campagnes de Scythe , et fes climats ftériles,Pleins de votre grand nom, font d’affez doux ailles.Le fein de ces déferts, où naquit notre amour,
Eft pour moi Babylone , et deviendra ma cour.Peut-être l’ennemi, que cet amour outrage,
A ce doux châtiment ne borne point fa rage.
J’ai démêlé fon ame, et j’en vois la noirceur ;
Le crime, ou je me trompe, étonne peu fon c&ur.Votre gloire déjà lui fait allez d’ombrage;
Il vous craint, il vous hait.
A R Z A C E.
Je le hais davantage;
Mais je ne le crains pas, étant aimé de vous.Confervez vos bontés, je brave fon courroux.
La reine entre nous deux tient au moins la balance.Je me fuis vu d’abord admis en fa préfence ;
Elle m’a fait fentir, à ce premier accueil,
Autant d’humanité, qu’Affur avait d’orgueil;
A a s